Royaume-UniDossier1852-1872Comté de Durham
L'affaire Mary Ann Cotton
Pendant vingt ans, dans les villages miniers du nord-est de l'Angleterre, la mort a suivi Mary Ann Cotton : trois de ses maris, un compagnon, sa mère et la plupart de ses enfants ont succombé à ce que les médecins appelaient des « fièvres gastriques ». En juillet 1872, à West Auckland, la mort de son beau-fils, un garçon de sept ans, alerte un responsable de la paroisse. Le médecin de famille a conservé des prélèvements ; leur analyse révèle de l'arsenic. Arrêtée, inculpée de quatre meurtres après une série d'exhumations, elle n'est jugée que pour un seul, devant les assises de Durham en mars 1873. Les autres décès entrent pourtant dans le débat, et le jury la déclare coupable. Elle est pendue à la prison de Durham le 24 mars 1873.
Les faits
Mary Ann Robson naît en octobre 1832 à Low Moorsley, un hameau minier proche de Hetton-le-Hole, dans le comté de Durham. Son père, mineur, meurt dans un accident de mine en 1842 selon le Northern Echo. Britannica la présente comme une garde-malade.
Sa vie adulte se déroule entre Sunderland, Newcastle et les villages miniers du comté de Durham. Elle épouse William Mowbray en 1852, George Ward en 1865, James Robinson en 1867, dont elle se sépare, puis, en septembre 1870, Frederick Cotton : ce dernier mariage est bigame, son troisième mari étant encore en vie. Autour d'elle, les décès se succèdent : William Mowbray en 1865, George Ward en 1866, sa mère au printemps 1867, Frederick Cotton à la fin de 1871, ainsi que, selon le British Newspaper Archive et Wikipédia, onze de ses treize enfants, morts pour la plupart en bas âge, et plusieurs beaux-enfants. Les certificats parlent de « fièvre gastrique » ou de troubles intestinaux, des causes banales dans les familles ouvrières de l'époque, dont les symptômes ressemblent à ceux d'une intoxication par l'arsenic. Plusieurs de ces morts donnent lieu au versement d'une assurance, selon Wikipédia et le British Newspaper Archive.
Au printemps 1872, installée à West Auckland avec les enfants de Frederick Cotton, elle perd encore deux enfants et un ancien compagnon, Joseph Nattrass. Il ne reste alors qu'un beau-fils, âgé de sept ans.
Comment l'enquête a abouti
L'enquête ne part ni de la police ni des médecins, mais d'un fonctionnaire local. Début juillet 1872, Thomas Riley, responsable de l'assistance aux pauvres de la paroisse et adjoint du coroner, propose à Mary Ann Cotton de soigner une malade. Elle lui demande de placer son beau-fils au workhouse, l'hospice des indigents, et, devant son refus, lui affirme que l'enfant est maladif et qu'il « s'en ira comme tous les autres Cotton ». Le garçon meurt le 12 juillet. Riley, qui l'avait vu en bonne santé, prévient la police du village et obtient du médecin qu'il diffère le certificat de décès. Selon Wikipédia, la première démarche de la belle-mère après la mort n'a pas été d'aller chez le médecin, mais au bureau de la compagnie d'assurance.
L'enquête du coroner, tenue le lendemain dans une auberge du village selon West Auckland Web, conclut pourtant à une mort naturelle. C'est le médecin de famille, William Kilburn, qui relance l'affaire : il a conservé des prélèvements effectués lors de l'examen. Un premier test chimique, le test de Reinsch, met en évidence de l'arsenic ; les analyses sont ensuite confiées au Dr Thomas Scattergood, de l'école de médecine de Leeds, selon David Wilson et Capital Punishment UK. Le 18 juillet 1872, Mary Ann Cotton est arrêtée à West Auckland et inculpée du meurtre de l'enfant.
Pendant ce temps, la presse régionale reconstitue son passé. Selon Wikipédia, les journaux recensent trois maris, un compagnon, une amie, sa mère et onze enfants morts de « fièvres gastriques ». Les autorités font alors exhumer trois autres corps à West Auckland, ceux de deux enfants de la famille Cotton et celui de Joseph Nattrass. Selon Capital Punishment UK, de l'arsenic est retrouvé dans chacun d'eux. Elle est inculpée de quatre meurtres. Les décès plus anciens, survenus dans d'autres villes et parfois plus de dix ans auparavant, ne font pas l'objet de poursuites : selon le British Newspaper Archive, la difficulté à retrouver les sépultures dans les cimetières a pesé sur l'instruction.
Le dossier repose donc entièrement sur la médecine légale et sur des indices : aucun témoin n'a vu l'accusée administrer du poison. L'accusation y ajoute l'achat d'arsenic chez un pharmacien du village et l'assurance souscrite sur la tête de l'enfant. Enceinte au moment de son arrestation, Mary Ann Cotton accouche en prison en janvier 1873 ; le procès a été différé jusqu'à cette naissance.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Mary Ann Robson, le 31 octobre selon la plupart des sources ; Britannica assortit cette date d'un point d'interrogation.
- Premier mariage, avec William Mowbray, ouvrier. Plusieurs de leurs enfants meurent en bas âge au cours des années suivantes.
- Mort de William Mowbray, attribuée à un trouble intestinal. Une assurance-vie est versée à sa veuve.
- Mort de son deuxième mari, George Ward, épousé en août 1865 (le 20 ou le 21 octobre selon les sources).
- Mariage avec Frederick Cotton, bigame selon les sources : son troisième mari, James Robinson, dont elle s'est séparée, est toujours en vie.
- Mort de Frederick Cotton, attribuée à une « fièvre gastrique » (en décembre selon le Northern Echo et Wikipédia, en septembre selon Capital Punishment UK).
- Mort de son beau-fils, un garçon de sept ans. Quelques jours plus tôt, elle avait annoncé à un responsable de la paroisse, Thomas Riley, que l'enfant ne vivrait pas longtemps.
- L'enquête du coroner conclut à une mort naturelle. Le médecin, William Kilburn, a toutefois conservé des prélèvements.
- La présence d'arsenic ayant été établie, Mary Ann Cotton est arrêtée et inculpée du meurtre de l'enfant. Des exhumations suivent dans son entourage.
- Elle accouche en détention d'une fille (le 7 ou le 10 janvier selon les sources). Le procès avait été différé jusqu'à la naissance.
- Ouverture du procès devant le juge Archibald, pour le seul meurtre du beau-fils. L'accusation est conduite par Charles Russell, la défense par Thomas Campbell Foster.
- Déclarée coupable par le jury, elle est condamnée à mort (date du verdict selon le Northern Echo ; Crime+Investigation le situe dès le 5 mars).
- Après le rejet des demandes de grâce par le ministre de l'Intérieur, elle est pendue à huit heures du matin par le bourreau William Calcraft.
Fiche de l'auteur
Mary Ann Cotton
Empoisonneuse à l'arsenic du nord-est de l'Angleterre ; jugée pour un seul meurtre, elle est soupçonnée d'une vingtaine de décès dans son entourage entre les années 1850 et 1872.
Les lieux liés à l'affaire
- Low Moorsley, près de Hetton-le-Hole (comté de Durham) — Naissance de Mary Ann Robson, en octobre 1832, dans une famille de mineurs
- Newcastle upon Tyne — Premier mariage (1852) et, en 1870, mariage bigame avec Frederick Cotton
- West Auckland (comté de Durham) — Dernier domicile ; mort de son beau-fils (12 juillet 1872), enquête du coroner et arrestation (18 juillet 1872)
- École de médecine de Leeds — Analyses toxicologiques confiées au Dr Thomas Scattergood
- Assises de Durham (Old Elvet) — Procès de mars 1873 devant le juge Archibald
- Prison du comté de Durham — Détention, naissance de sa dernière enfant (janvier 1873) et exécution le 24 mars 1873
Le procès et le verdict
Le procès s'est ouvert le 5 mars 1873 devant les assises de Durham, présidées par le juge Archibald, et a duré trois jours selon le Northern Echo et David Wilson (cinq selon Capital Punishment UK). Mary Ann Cotton avait été inculpée de quatre meurtres, ceux de son beau-fils, de deux autres enfants de la famille Cotton et de son ancien compagnon Joseph Nattrass, tous morts entre le printemps et l'été 1872. L'accusation n'en a retenu qu'un pour l'audience : celui du garçon de sept ans mort le 12 juillet 1872. Le choix du procureur a lui-même fait débat : l'Attorney General confia le dossier à Charles Russell plutôt qu'à l'avocat initialement pressenti, ce qui donna lieu à une question à la Chambre des communes selon Wikipédia.
La défense, assurée par Thomas Campbell Foster, ne contestait pas la présence d'arsenic. Elle plaidait l'accident : l'enfant aurait pu être intoxiqué par l'arsenic contenu dans le pigment vert du papier peint de la maison, d'usage courant à l'époque, ou par une erreur dans les remèdes prescrits. Pour écarter cette hypothèse, l'accusation demanda à produire les trois autres décès. Selon le résumé qu'en donne la Cour d'appel de l'État de New York en 1901 dans l'arrêt People v. Molineux, qui cite la décision publiée au recueil Cox's Criminal Cases (vol. 12, p. 400), la cour admit la preuve que deux autres enfants de l'accusée et un locataire étaient morts à quelques mois d'intervalle avec des symptômes d'empoisonnement arsenical, et que de l'arsenic avait été retrouvé après exhumation dans leurs organes. Ces morts n'étaient pas jugées ; elles servaient à réfuter la thèse de l'accident. L'accusation produisit aussi le témoignage d'un pharmacien de West Auckland selon lequel elle lui avait acheté de l'arsenic, officiellement contre la vermine.
Le jury s'est retiré environ une heure selon Capital Punishment UK, quatre-vingt-dix minutes selon Wikipédia, avant de la déclarer coupable. Le verdict est tombé le 7 mars selon le Northern Echo ; Crime+Investigation le date du 5 mars, jour de l'ouverture. Condamnée à mort, elle a continué de clamer son innocence, y compris dans des lettres adressées à la presse selon David Wilson. Une pétition demandant sa grâce, peut-être en raison de son nouveau-né, a été rejetée par le ministre de l'Intérieur. Elle a été pendue le 24 mars 1873 à la prison de Durham. Plusieurs sources indiquent que l'exécution, conduite par William Calcraft, s'est mal déroulée. C'est l'unique condamnation de l'affaire : elle fonde la seule victime confirmée retenue sur notre globe.
Ce que l'affaire a changé
Nous n'avons trouvé aucune réforme législative directement attribuable à l'affaire Cotton. Son apport tient d'abord au droit de la preuve. En admettant, pour juger un seul meurtre, la preuve de trois autres décès par l'arsenic, la cour de Durham a accepté ce que les juristes de common law appellent la preuve de faits similaires (similar fact evidence) : non pour démontrer une mauvaise moralité, ce qui reste interdit, mais pour écarter l'explication accidentelle. La décision, publiée dans le recueil Cox's Criminal Cases, a été citée comme précédent hors du Royaume-Uni : la Cour d'appel de New York la discute encore en 1901 dans l'arrêt People v. Molineux, une autre affaire d'empoisonnement, pour en délimiter la portée. Ce type de preuve demeure délicat en droit pénal, parce qu'il expose l'accusé à être jugé sur des faits qui ne lui sont pas reprochés.
L'affaire montre aussi la fragilité du contrôle des décès dans l'Angleterre victorienne. Pendant vingt ans, des morts répétées dans des villes différentes ont été certifiées naturelles, et une première enquête du coroner a encore conclu en ce sens en juillet 1872 ; seule la prudence d'un médecin qui avait gardé des prélèvements a permis l'analyse. David Wilson rapproche explicitement ce défaut de vigilance de celui qu'a révélé, plus d'un siècle plus tard, l'affaire Harold Shipman.
Enfin, l'affaire a nourri le débat sur la peine de mort. Le jour de l'exécution, le rédacteur en chef du Northern Echo, W. T. Stead, lui consacre un éditorial qui justifie la sentence tout en s'attardant sur la condamnée. La pendaison d'une mère dont l'enfant venait de naître en prison a suscité une pétition de grâce, rejetée. L'étiquette de « première tueuse en série britannique », souvent accolée à son nom, est elle-même discutée : History Hit rappelle que d'autres avaient été condamnés avant elle pour plusieurs meurtres, et Martin Connolly la conteste dans son livre.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Aucune expertise psychiatrique de Mary Ann Cotton n'apparaît dans les sources que nous avons consultées, et la folie n'a pas été plaidée. Devant les assises de Durham, en mars 1873, son avocat, Thomas Campbell Foster, a soutenu la thèse de l'accident : l'arsenic aurait pu venir du papier peint vert de la maison ou d'une erreur dans les remèdes, selon Capital Punishment UK et l'arrêt américain People v. Molineux (1901), qui résume la décision anglaise. La question de l'irresponsabilité pénale ne s'est donc pas posée.
Les médecins entendus se sont prononcés sur la cause de la mort, non sur l'accusée. Le Dr Thomas Scattergood, qui enseignait la médecine légale et la toxicologie à l'école de médecine de Leeds, a décelé de l'arsenic dans les prélèvements conservés par le médecin de l'enfant, William Kilburn, comme dans les trois autres corps exhumés. Selon les historiennes Katherine Watson et Laura Sellers, qui ont étudié ses carnets, il a encore examiné, puis écarté, l'hypothèse du papier peint une semaine environ après le procès. Déclarée coupable et condamnée à mort, Mary Ann Cotton a été pendue le 24 mars 1873. Ce verdict tranche la culpabilité pour un meurtre ; il ne vaut pas diagnostic.
Diagnostics publiés
Aucune expertise publiée à notre connaissance.
Parcours documenté
Mary Ann Robson naît en octobre 1832 à Low Moorsley, dans le bassin minier du comté de Durham. Son père, mineur, se tue en 1842 en tombant dans un puits de la houillère de Murton, selon David Wilson et le Northern Echo ; elle a alors neuf ans. Enfant, elle fréquente l'école du dimanche wesleyenne, où la presse de l'époque la décrit comme une élève assidue ; elle y aurait ensuite enseigné, ce que W. T. Stead rapporte comme un on-dit dans le Northern Echo du 24 mars 1873. Elle quitte le foyer vers seize ans pour se placer, comme domestique ou comme garde-malade selon les sources, apprend la couture et travaille plus tard à l'infirmerie de Sunderland.
Capital Punishment UK lui prête un vif ressentiment né de cette enfance pauvre, sans citer de document d'époque ; aucun lien de cause à effet ne peut être affirmé entre cette enfance et les faits.
Ce qu'elle a dit d'elle-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteure des faits ; ils sont à lire avec prudence. Elle a plaidé non coupable et n'a jamais livré d'aveux complets. Devant le coroner, elle aurait expliqué avoir donné de l'arrow-root à l'enfant pour le soulager et accusé Thomas Riley de lui en vouloir parce qu'elle avait repoussé ses avances, selon Wikipédia et la presse de mars 1873 que cite l'autrice Geri Walton.
De sa cellule, elle a écrit de nombreuses lettres, y compris aux journaux, pour protester de son innocence, selon David Wilson. Stead en cite une, où elle écrit qu'il n'y aura plus pour elle d'école du dimanche et qu'elle tâche de s'en remettre à Dieu. Dans ses dernières heures, pressée par un ministre du culte, elle aurait concédé avoir pu empoisonner l'enfant, mais sans intention de le faire, selon Capital Punishment UK et le Western Times du 28 mars 1873 que cite Geri Walton. Ce propos, rapporté de seconde main, n'a pas la valeur d'un aveu.
Lectures criminologiques
La justice n'a examiné qu'un décès : l'empoisonnement à l'arsenic d'un enfant dont la vie était assurée au profit de sa belle-mère, selon People v. Molineux. Le mobile débattu était donc financier.
Les lectures psychologiques sont toutes rétrospectives. Le criminologue David Wilson a écrit en 2012 qu'elle était, « autrement dit, une psychopathe » (in other words, a psychopath), en lui prêtant un plaisir à dominer ses victimes. Son livre de 2013, selon la recension de la revue Neo-Victorian Studies, la décrirait plutôt comme une opportuniste que comme une sadique. La même année, avec Elizabeth Yardley, il a appliqué à son cas l'échelle de psychopathie révisée (PCL-R) dans le Journal of Criminal Psychology. Le résumé de l'article, qui ne donne aucun score, conclut qu'une analyse individuelle la qualifierait aujourd'hui de psychopathe, et en rappelle la limite : faute d'entretien avec l'intéressée, l'outil a été appliqué à des documents, ce qui prête à débat. Aucune de ces lectures n'est un diagnostic : aucun examen de Mary Ann Cotton n'est connu. Dans Female Serial Killers in Social Context (2015), les deux auteurs déplacent d'ailleurs l'analyse vers les institutions (famille, économie, religion) qui ont laissé ces morts passer inaperçues.
Martin Connolly, dans Mary Ann Cotton - Dark Angel (2016), se garde au contraire de conclure : chaque décès avait été certifié naturel par un médecin, l'arsenic était présent dans les savons et les papiers peints, et les audiences lui paraissent entachées de graves défauts.
Ce qu'on ne sait pas
Le nombre de morts qui lui sont imputables reste inconnu : un seul meurtre jugé, trois autres corps contenant de l'arsenic, et des estimations d'auteurs qui vont de quatorze à vingt et une victimes suspectées. Ses mobiles, au-delà de l'assurance discutée au procès, resteront « toujours affaire de conjecture », écrit Wilson lui-même. Elle a nié jusqu'au bout : rien ne permet de trancher entre le calcul intéressé, le plaisir de dominer avancé par Wilson en 2012 et la réserve de Connolly. Les traits que ces auteurs lui prêtent reposent sur la presse de 1873, que Connolly juge partiale, et sur quelques lettres.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Mary Ann Cotton ?
La justice ne l'a condamnée que pour un meurtre, celui de son beau-fils, un garçon de sept ans, en mars 1873 : c'est sa seule victime confirmée. Elle avait été inculpée de quatre meurtres, après des exhumations qui avaient révélé de l'arsenic dans trois autres corps. Le reste relève des victimes suspectées : quatorze ou quinze selon Capital Punishment UK, jusqu'à vingt et une selon David Wilson, Crime+Investigation ou Wikipédia, entre quatorze et vingt et une selon le Northern Echo. Aucun de ces autres décès n'a été jugé.
Comment Mary Ann Cotton a-t-elle été démasquée ?
En juillet 1872, à West Auckland, elle annonce à un responsable de la paroisse, Thomas Riley, que son beau-fils ne vivra plus longtemps. L'enfant meurt quelques jours plus tard. Riley prévient la police. L'enquête du coroner conclut d'abord à une mort naturelle, mais le médecin, William Kilburn, a conservé des prélèvements ; leur analyse révèle de l'arsenic. Elle est arrêtée le 18 juillet 1872, puis des exhumations sont ordonnées dans son entourage.
Quand Mary Ann Cotton a-t-elle été exécutée ?
Elle a été pendue le 24 mars 1873, à huit heures du matin, à la prison du comté de Durham, par le bourreau William Calcraft, deux semaines et demie après sa condamnation par les assises de Durham. Le ministre de l'Intérieur avait refusé de la gracier.
Mary Ann Cotton était-elle vraiment coupable ?
Elle a été condamnée par un jury pour un meurtre, et la condamnation n'a jamais été révisée. Des auteurs ont néanmoins discuté la procédure : Martin Connolly (2016) relève l'absence de témoin direct, l'arsenic présent dans les papiers peints et produits ménagers de l'époque et la pression de la presse avant le procès. Le criminologue David Wilson (2013) juge au contraire ces lectures naïves et la tient pour l'auteure d'une longue série d'empoisonnements. La série de fiction diffusée par ITV en 2016 adopte ce second point de vue.
Pour aller plus loin : séries, livres et podcasts
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre Mary Ann Cotton: Britain's First Female Serial Killer, David Wilson (Waterside Press (en anglais), 2013) — Par un professeur de criminologie de la Birmingham City University, ancien directeur de prison. Il replace l'affaire dans la société industrielle du nord-est et la rapproche de celle d'Harold Shipman. Daté de 2012 dans certaines notices, de 2013 dans le dépôt de l'université. Lien non affilié.
- Livre Mary Ann Cotton - Dark Angel: Britain's First Female Serial Killer, Martin Connolly (Pen & Sword (en anglais ; existe aussi en livre audio, 2020), 2016) — Un contrepoint utile : l'auteur discute la conduite de la procédure et conteste l'étiquette de « première tueuse en série » britannique. Lien non affilié.
- Série Dark Angel (ITV, écrite par Gwyneth Hughes, réalisée par Brian Percival, 2016) — Fiction en deux épisodes avec Joanne Froggatt, adaptée du livre de David Wilson, diffusée les 31 octobre et 7 novembre 2016. C'est une dramatisation, non un documentaire. Disponibilité en France à vérifier. Lien non affilié.
- Podcast Lady Killers with Lucy Worsley (épisode consacré à Mary Ann Cotton) (BBC Radio 4 (en anglais), 2022) — Série de l'historienne Lucy Worsley, en partie dramatisée. Disponibilité actuelle à vérifier. Lien non affilié.
- Article Mrs. Cotton (W. T. Stead, The Northern Echo, 24 mars 1873) (W. T. Stead Resource Site (archive, en anglais)) — L'éditorial publié le jour de l'exécution par le rédacteur en chef du journal de Darlington : un document d'époque, à lire comme tel, pour mesurer le ton de la presse victorienne.
Sources
- People v. Molineux, 168 N.Y. 264 (1901), citant Regina v. Cotton, 12 Cox Crim. Cas. 400, New York State Unified Court System, archives du Law Reporting Bureau
- W. T. Stead, « Mrs. Cotton » (The Northern Echo, 24 mars 1873), W. T. Stead Resource Site
- The ditty they sang about our Dark Angel of the North, Mary Ann Cotton (Chris Lloyd, 11 novembre 2016), The Northern Echo, Memories (Shorthand)
- Mary Ann Cotton and Arsenic Poisoning in the Victorian Era (16 mars 2020), British Newspaper Archive (blog)
- Mary Ann Cotton, the West Auckland poisonings, Capital Punishment UK
- Mary Anne Cotton, West Auckland Web (site d'histoire locale)
- Mary Ann Cotton (David Wilson, article reproduit par la société d'histoire locale de Hetton), Hetton Local History
- Mary Ann Cotton: Britain's First Female Serial Killer (David Wilson, Waterside Press), Birmingham City University, dépôt institutionnel
- Mary Ann Cotton (David Wilson, présentation de l'éditeur), Google Books
- Mary Ann Cotton - Dark Angel: Britain's First Female Serial Killer (Martin Connolly, 2016), Internet Archive (notice)
- Mary Ann Cotton - Dark Angel (livre audio, 2020), Pen & Sword
- Mary Ann Cotton: Britain's First Female Serial Killer? w/ Martin Connolly (25 avril 2022), Most Notorious (podcast)
- Arsenic and the Forgotten Serial Killer (Deborah Blum, 10 février 2012), Goodreads, blog de l'auteure
- Britain's First Serial Killer: Who Was Mary Ann Cotton? (Harry Sherrin, 16 février 2022), History Hit
- Britain's black widow: Who was Mary Ann Cotton?, Crime+Investigation UK
- Mary Ann Cotton, Encyclopaedia Britannica
- Dark Angel (British TV series), Wikipedia (en)
- Thomas Campbell Foster, Wikipedia (en)
- Mary Ann Cotton, Wikipedia (en)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
Signaler une erreur — réponse sous 15 jours, procédure de rectification.