EspagneNotice1870–1879Álava

Juan Díaz de Garayo

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Juan Díaz de Garayo (1821-1881) : 6 victimes confirmées en Espagne (Álava) entre 1870 et 1879. Condamné à mort à l'issue de deux procès ; condamnations confirmées par le Tribunal suprême espagnol en 1881 ; exécuté par garrot à Vitoria le 11 mai 1881.

Statut
Exécuté (11 mai 1881)
Naissance
1821
Période d'activité
1870–1879
Victimes confirmées
6
Verdict
Condamné à mort à l'issue de deux procès ; condamnations confirmées par le Tribunal suprême espagnol en 1881 ; exécuté par garrot à Vitoria le 11 mai 1881

Journalier et charbonnier de la province d'Álava, il a tué au moins six femmes aux abords de Vitoria entre 1870 et 1879 et commis plusieurs tentatives. Arrêté à Vitoria, il a avoué et a été exécuté en 1881. L'affaire, souvent présentée comme la première série criminelle documentée en Espagne, a nourri les débats de l'anthropologie criminelle de l'époque.

Surnom donné par la presse : « El Sacamantecas ». Affaires closes ne l'emploie pas comme titre.

Le contexte

Juan Díaz de Garayo est né en octobre 1821 à Eguilaz, dans la commune de San Millán, en Álava ; les sources hésitent entre le 16 et le 17 octobre. Journalier agricole, il a travaillé dans plusieurs villages de la plaine alavaise avant de s'établir aux abords de Vitoria. Marié à quatre reprises, il a été veuf trois fois, sans que rien n'ait jamais permis de lui imputer la mort de ses épouses, précise le Cuaderno de Cultura Científica de l'université du Pays basque. Les faits se sont déroulés entre 1870 et 1879, dans les chemins et les champs qui entourent la capitale alavaise. Les victimes étaient des femmes isolées, pour plusieurs d'entre elles des prostituées, et une adolescente. La justice a retenu au moins six meurtres, ainsi que plusieurs tentatives ; le décompte exact varie selon les sources (voir plus bas).

L'enquête et l'arrestation

Les meurtres se sont succédé pendant près de dix ans sans que leur auteur soit identifié. Le tournant est venu des survivantes : plusieurs femmes agressées avaient pu donner une description de leur agresseur. C'est à partir de ces signalements qu'un alguacil, un agent municipal de Vitoria, l'a reconnu dans la rue et l'a fait interpeller. Selon Wikipédia et le site juridique Confilegal, l'arrestation a eu lieu en septembre 1879, peu après deux meurtres commis à quelques jours d'intervalle ; le Cuaderno de Cultura Científica la date pour sa part de 1880. Interrogé, Garayo est passé aux aveux et a reconnu les faits qui lui étaient reprochés ; dès lors, l'essentiel du débat judiciaire a porté sur sa responsabilité pénale.

Le procès et le verdict

Selon Wikipédia, qui s'appuie sur la monographie publiée en 1881 par l'érudit alavais Ricardo Becerro de Bengoa, Garayo a été condamné à deux peines de mort dès novembre 1879, au terme de deux procédures distinctes. Sa défense a fait appel devant l'Audience de Burgos en plaidant la folie partielle et l'impulsion irrésistible. Les médecins se sont alors divisés : onze praticiens de Vitoria, réunis en mars 1880, l'ont déclaré pleinement responsable, tandis que des aliénistes de Madrid et de Tolède, dont José María Esquerdo, ont soutenu qu'il était atteint d'imbécillité et de monomanie intermittente. Les juges ont retenu la première expertise psychiatrique. Le Tribunal suprême espagnol a rejeté les pourvois et confirmé les deux condamnations, estimant les faits « abondamment prouvés », rapporte Confilegal. Juan Díaz de Garayo a été exécuté par le garrot le 11 mai 1881 au Polvorín Viejo de Vitoria, devant une foule estimée à une dizaine de milliers de personnes. Sur le nombre de meurtres, les sources divergent : la plupart retiennent six victimes confirmées ; Confilegal en mentionne sept, chiffre qu'aucune autre source consultée ne confirme et qui reste donc à prendre au conditionnel.

La place de l'affaire

L'affaire a surtout marqué l'histoire de la médecine légale espagnole. L'autopsie, pratiquée le 12 mai 1881 à la morgue du cimetière de Santa Isabel en présence de plus de quarante personnes, a tourné à l'affrontement entre deux écoles, comme l'a reconstitué le site Microhistoria alavesa à partir de la presse locale et des revues médicales de 1881 : les aliénistes madrilènes d'Esquerdo y voyaient la preuve anatomique d'une maladie mentale, et donc d'une exécution injuste, quand les médecins de Vitoria, emmenés par Ramón Apraiz, contestaient la valeur de ces observations inspirées de la phrénologie. Le débat a fait de Garayo un cas discuté par l'anthropologie criminelle naissante, dans le sillage des travaux de Lombroso. Le surnom que lui a donné la presse, « el Sacamantecas », est passé dans la langue courante comme une figure de croque-mitaine. Un film de fiction de David Pérez Sañudo consacré à l'affaire serait annoncé en Espagne pour novembre 2026. Voir aussi le hub Espagne et la notice consacrée à Manuel Blanco Romasanta.

Sources

Pour se repérer

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