Royaume-UniDossier1975-1980Yorkshire de l'Ouest, Grand Manchester

L'affaire Peter Sutcliffe

Par Nathan Penin · Publié le 30 septembre 2026 · mis à jour le 1er octobre 2026

Avertissement. Ce dossier traite de crimes réels. Il ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter. Les victimes y sont nommées comme la presse l'a fait, avec sobriété.

Entre octobre 1975 et novembre 1980, Peter Sutcliffe, chauffeur routier de Bradford, a tué treize femmes et tenté d'en tuer sept autres dans le Yorkshire de l'Ouest et à Manchester. Interrogé neuf fois par la police sans être inquiété, il a été arrêté par hasard à Sheffield le 2 janvier 1981, lors d'un contrôle de plaques minéralogiques. En mai 1981, à l'Old Bailey, le jury a rejeté sa demande de responsabilité atténuée et l'a reconnu coupable de meurtre. Condamné à la perpétuité, puis à une peine sans possibilité de libération, il est mort en détention en novembre 2020. L'affaire a transformé la conduite des grandes enquêtes criminelles britanniques.

Les faits

Entre le 30 octobre 1975 et le 17 novembre 1980, Peter Sutcliffe a tué treize femmes dans le Yorkshire de l'Ouest (Leeds, Bradford, Huddersfield, Halifax) et à Manchester. La première, Wilma McCann, 28 ans, a été tuée à Leeds ; la dernière, Jacqueline Hill, 20 ans, étudiante, également à Leeds. Il a aussi été condamné pour sept tentatives de meurtre sur des femmes qui ont survécu. Ce sont les treize victimes confirmées par la justice ; le rapport Byford estimait probable qu'il ait commis d'autres agressions, avant et pendant la série, sans que cela ait été établi.

Sutcliffe, né en 1946, marié, vivait à Bradford et travaillait comme chauffeur poids lourd. Plusieurs de ses victimes se prostituaient, d'autres non. Cette distinction, reprise par la police et la presse pendant cinq ans, a pesé sur l'enquête comme sur la mémoire de l'affaire : elle a fait des unes des victimes de second rang et des autres les seules « innocentes ».

Comment l'enquête a abouti

L'enquête, conduite par le West Yorkshire Police sous la direction de l'adjoint au chef de la police George Oldfield (mort en 1985), fut l'une des plus vastes chasses à l'homme jamais menées au Royaume-Uni. Tout reposait sur un index manuel de fiches cartonnées, dans lequel s'accumulaient des centaines de milliers de noms, de dépositions et de plaques d'immatriculation. Le rapport Byford décrit un centre d'enquête « submergé d'informations non traitées » : les éléments concernant Sutcliffe étaient dispersés entre plusieurs fiches et jamais rapprochés. Il a ainsi été interrogé neuf fois, notamment après la découverte, à Manchester en 1977, d'un billet de banque rattaché aux salaires de son employeur, sans jamais être retenu comme suspect principal.

Le canular dit de « Wearside Jack » a aggravé ces défaillances. À partir de mars 1978, un homme a adressé trois lettres signées « Jack l'Éventreur » à George Oldfield et à la presse, puis, en juin 1979, une cassette enregistrée avec un fort accent du Wearside, la région de Sunderland. La direction de l'enquête l'a tenue pour authentique et a concentré ses efforts sur le nord-est. Des suspects à l'accent du Yorkshire, dont Sutcliffe, ont été écartés pour ce seul motif ; selon Crime+Investigation, un rapport de l'été 1979 le désignant comme suspect sérieux aurait été classé pour cette raison. Trois femmes ont été tuées après la diffusion de la cassette. L'auteur du canular, John Humble, n'a été identifié qu'en 2005, grâce à l'ADN prélevé sur une enveloppe ; il a été condamné en 2006 à huit ans de prison et il est mort en 2019.

L'arrestation, le 2 janvier 1981 à Sheffield, doit tout au hasard. Deux policiers en patrouille contrôlent une voiture stationnée : les plaques, vérifiées auprès du fichier national, appartiennent à un autre véhicule. Sutcliffe est conduit au poste pour ce motif. Peu après, des policiers retrouvent sur place les objets dont il s'était débarrassé à l'écart. Interrogé au commissariat de Dewsbury, il passe aux aveux. Le ministre de l'Intérieur le reconnaîtra devant les Communes en 1982 : il aurait « sans doute dû être arrêté plus tôt », au vu des éléments réunis lors de ses différents interrogatoires.

Chronologie de l'affaire

  1. Naissance de Peter Sutcliffe dans le Yorkshire de l'Ouest. Il deviendra chauffeur poids lourd.
  2. Meurtre de Wilma McCann, 28 ans, dans le quartier de Chapeltown : le premier des treize meurtres retenus par la justice. Des agressions non mortelles avaient eu lieu dès l'été 1975.
  3. Après un meurtre commis en octobre, un billet de banque neuf retrouvé près de la victime est rattaché aux salaires versés par plusieurs entreprises de la région de Bradford. Sutcliffe, employé de l'une d'elles, est interrogé, sans suite.
  4. Première des lettres signées « Jack l'Éventreur », adressées à l'officier qui dirige l'enquête, George Oldfield, et à la presse.
  5. La police rend publique une cassette dont l'auteur, à l'accent du Wearside, se présente comme le tueur. Les enquêteurs orientent leurs recherches vers le nord-est de l'Angleterre.
  6. Meurtre de Jacqueline Hill, 20 ans, étudiante à l'université de Leeds : le dernier des treize meurtres.
  7. Contrôlé par deux policiers dans une voiture aux fausses plaques minéralogiques, Sutcliffe est interpellé pour ce seul motif.
  8. Interrogé au commissariat de Dewsbury, confronté aux objets retrouvés sur les lieux de son arrestation, il reconnaît être l'auteur de la série. Il est inculpé dans les jours qui suivent.
  9. Reconnu coupable de treize meurtres par un jury à la majorité, après avoir plaidé coupable de sept tentatives de meurtre, il est condamné à vingt peines de réclusion à perpétuité.
  10. Le ministre de l'Intérieur William Whitelaw présente aux Communes les conclusions du rapport de Sir Lawrence Byford sur l'enquête. Le rapport intégral reste confidentiel.
  11. Transféré de prison à l'hôpital de Broadmoor au titre de la loi sur la santé mentale, en tant que détenu condamné.
  12. L'auteur des lettres et de la cassette, John Humble, identifié par son ADN en octobre 2005, est condamné à huit ans de prison pour entrave à la justice par la Crown Court de Leeds. Il est mort en 2019.
  13. Le ministère de l'Intérieur publie le rapport Byford, largement caviardé, au titre de la loi sur la liberté d'information.
  14. La High Court prononce à son encontre un whole life order : il ne pourra jamais être libéré. La cour d'appel confirme la décision le 14 janvier 2011.
  15. Jugé comme ne nécessitant plus de soins hospitaliers, il est renvoyé en prison, à Frankland.
  16. Mort à 74 ans à l'hôpital universitaire de North Durham, après avoir contracté le Covid-19. Le même jour, le chef de la police du Yorkshire de l'Ouest présente des excuses aux familles des victimes pour le langage employé par les enquêteurs de l'époque.

Fiche de l'auteur

Peter Sutcliffe

Chauffeur routier, il a tué treize femmes dans le nord de l'Angleterre entre 1975 et 1980 et en a agressé sept autres. L'enquête, la plus vaste du pays à l'époque, a été égarée par un canular (lettres et cassette du faux « Éventreur ») ; le rapport Byford qui en a tiré les leçons a conduit à réformer les méthodes d'enquête de la police britannique. Il est mort à l'hôpital en 2020, toujours détenu.

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Les lieux liés à l'affaire

Le procès et le verdict

Le procès s'est ouvert en mai 1981 devant la Central Criminal Court de Londres, l'Old Bailey, où l'affaire avait été dépaysée. Sutcliffe reconnaissait les faits : il plaidait coupable de sept tentatives de meurtre et d'homicide involontaire (manslaughter) pour les treize femmes tuées, en invoquant la responsabilité atténuée (diminished responsibility). Plusieurs psychiatres l'avaient diagnostiqué schizophrène paranoïde ; il affirmait avoir obéi à des voix. L'Attorney General, Sir Michael Havers, qui soutenait l'accusation, était prêt à accepter ce plaidoyer. Le juge Leslie Boreham l'a refusé fin avril et a exigé que la question soit tranchée par un jury.

Ce point est décisif pour comprendre le dossier. En droit anglais, la responsabilité atténuée n'est pas une irresponsabilité pénale : c'est une défense partielle, prévue par la loi de 1957 sur l'homicide, qui ramène un meurtre à un homicide involontaire lorsque l'accusé souffrait d'une anomalie mentale ayant sensiblement réduit sa responsabilité. Même accepté, ce plaidoyer aurait laissé Sutcliffe pénalement responsable. Au terme d'une audience consacrée pour l'essentiel aux expertises psychiatriques, le jury l'a écarté : le 22 mai 1981, à la majorité de dix voix contre deux, Sutcliffe a été reconnu coupable de meurtre pour les treize victimes.

Il a été condamné à vingt peines de réclusion à perpétuité, le juge recommandant un minimum de trente ans de détention ; en 1997, le Lord Chief Justice a proposé trente-cinq ans. Aucune durée n'ayant été fixée par le ministre, la High Court a tranché le 16 juillet 2010 en prononçant un whole life order, l'équivalent d'une perpétuité sans aucune possibilité de libération. La cour d'appel l'a confirmé le 14 janvier 2011, en rappelant qu'une défense rejetée par le jury ne pouvait pas devenir une circonstance atténuante. Son séjour à Broadmoor, de 1984 à 2016, n'a jamais suspendu cette peine : la condamnation pour meurtre est restée définitive jusqu'à sa mort.

Ce que l'affaire a changé

Dès 1981, le ministère de l'Intérieur confie à Sir Lawrence Byford, inspecteur en chef de la police, un examen de l'enquête. Son rapport, remis au ministre à l'hiver 1981-1982 et resté confidentiel jusqu'en juin 2006, relève une accumulation d'erreurs : un crédit excessif accordé aux lettres et à la cassette, un centre d'enquête engorgé, l'absence de commandement unique alors que l'enquête couvrait plusieurs forces de police. Il recommande de former les enquêteurs chargés des affaires majeures, de constituer des équipes de conseil réunissant les meilleurs spécialistes de l'enquête et de la police scientifique, et, surtout, de standardiser les centres d'enquête. Il en est sorti, au milieu des années 1980, deux outils toujours en usage : les procédures administratives standardisées des centres d'enquête (MIRSAP) et le système informatique HOLMES (Home Office Large Major Enquiry System), qui permet de recouper chaque information d'une grande enquête et de la partager entre forces de police.

L'affaire a aussi laissé une trace dans le droit. La mère de Jacqueline Hill a poursuivi le chef de la police du Yorkshire de l'Ouest pour négligence ; en 1988, la Chambre des lords a jugé que la police n'avait pas d'obligation de diligence envers une victime particulière dans la conduite d'une enquête. L'arrêt Hill a longtemps fermé la voie à ce type d'action, avant d'être nuancé par la Cour suprême en 2018.

Enfin, l'affaire est devenue un cas d'école sur le regard porté sur les victimes. Pendant l'enquête, puis au procès, où l'Attorney General déclara que « certaines étaient des prostituées, mais le plus triste est que certaines ne l'étaient pas », police et presse ont distingué les femmes selon leur mode de vie. Le 13 novembre 2020, le jour de la mort de Sutcliffe, le chef de la police du Yorkshire de l'Ouest a présenté ses excuses aux familles pour « le langage, le ton et la terminologie » employés par les officiers de l'époque, une attitude « aussi condamnable à l'époque qu'aujourd'hui », selon ses mots. Les documentaires récents, de la BBC en 2019 à Netflix en 2020, ont fait de ce biais et de ses effets sur l'enquête l'un de leurs fils conducteurs.

Profil psychologique : ce que disent les experts

Expertises judiciaires

Au procès de l'Old Bailey, en 1981, Peter Sutcliffe reconnaissait les treize homicides mais plaidait la responsabilité atténuée (diminished responsibility), une défense partielle du droit anglais qui aurait ramené les meurtres à des homicides involontaires sans le rendre pour autant pénalement irresponsable. L'Attorney General, Sir Michael Havers, a reconnu devant le jury que tous les médecins qui l'avaient examiné concluaient à une schizophrénie paranoïde, selon le compte rendu de Nick Davies dans The Guardian. L'accusation était d'abord prête à accepter ce plaidoyer, selon les notes du podcast En Clair de l'université de Lancaster et la notice de Wikipédia en anglais ; le 29 avril 1981, le juge Leslie Boreham l'a refusé en faisant part de ses « graves inquiétudes » et renvoyé la question à un jury (UPI, The Guardian).

Trois psychiatres ont déposé pour la défense, les docteurs Hugo Milne, MacCulloch et Kay, selon les deux décisions de justice publiées en 2010 et 2011 et selon UPI ; ITV et d'autres sources parlent de quatre psychiatres ayant posé le diagnostic. Leur expertise psychiatrique reposait presque exclusivement sur ce que l'accusé leur avait dit, a rappelé le juge aux jurés, comme le relève l'arrêt de la cour d'appel de 2011. Contre-interrogé, le Dr Milne a admis qu'il avait peut-être été « dupé » (UPI, The Guardian). Le 22 mai 1981, à la majorité de dix voix contre deux, le jury a écarté la responsabilité atténuée et retenu le meurtre. Ce verdict tranche une question de droit et de crédibilité ; il ne vaut pas diagnostic.

Diagnostics publiés

Le diagnostic posé par les psychiatres du procès est celui d'une schizophrénie paranoïde dite « encapsulée », c'est-à-dire dissimulée, selon les décisions de 2010 et 2011. Transféré à l'hôpital de Broadmoor en mars 1984 au titre de la législation sur la santé mentale, Sutcliffe y a été traité pour cette schizophrénie, selon ITV et Police Professional. Le Dr Kevin Murray, psychiatre responsable de lui à Broadmoor à partir de 2001, aurait maintenu le diagnostic d'une maladie chronique, selon les décisions de 2010 et 2011 ; d'après la décision de 2010, il recevait un traitement antipsychotique depuis juillet 1993. Un autre psychiatre, le Dr Berry, aurait au contraire vu dans ces symptômes une « explication commode » de ses crimes, selon l'arrêt de 2011. En août 2016, un tribunal de santé mentale a estimé qu'il pouvait retourner en prison, et il a été transféré à Frankland, selon ITV, Police Professional et CBC.

Parcours documenté

Né en 1946 dans le Yorkshire de l'Ouest (à Bingley selon Oxygen, à Shipley selon Wikipédia), dans une famille ouvrière catholique, il a quitté l'école à quinze ans et a notamment été fossoyeur au cimetière de Bingley dans les années 1960, selon l'arrêt de 2011, UPI et Oxygen, avant de devenir chauffeur poids lourd. Il était connu de la police dès 1969, selon le rapport Byford tel que la presse l'a rapporté en 2006 et selon Wikipédia. Aucune des sources consultées n'établit de lien de cause à effet entre ce parcours et les crimes.

Ce qu'il a dit de lui-même

Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Au procès, Sutcliffe a affirmé avoir entendu en 1967, alors qu'il travaillait au cimetière, une voix qu'il prenait pour celle de Dieu et qui lui aurait confié la mission de tuer des prostituées (UPI, arrêt de 2011). Lors de ses interrogatoires de police, il avait pourtant attribué ses actes à sa colère contre une prostituée qui l'aurait humilié en 1969, selon les décisions de 2010 et 2011. Des surveillants de prison ont rapporté qu'il comptait, en se faisant passer pour fou, ne passer qu'une dizaine d'années dans un hôpital psychiatrique (arrêt de 2011, The Guardian). Selon le seul arrêt de 2011, il aurait cessé de croire à cette mission vers 1985, avant d'affirmer à partir de 1989 que ses ordres venaient d'une source « diabolique ».

Lectures criminologiques

La justice a retenu treize meurtres et sept tentatives de meurtre commis sur des femmes entre 1975 et 1980. Le juge avait posé aux jurés trois questions : croyait-il sincèrement avoir entendu Dieu, croyait-il à une mission dirigée contre les prostituées, et croyait-il que chacune de ses victimes en était une ? Or plusieurs des femmes tuées ne se prostituaient pas (UPI, arrêt de 2011). L'accusation a soutenu qu'il s'agissait d'un tueur « froid, calculateur et sadique » qui avait construit son récit après l'arrestation, en soulignant la dimension sexuelle de plusieurs agressions, incompatible selon elle avec la mission invoquée (UPI, The Guardian). Le mode opératoire et le mobile retenus sont ceux du meurtre. Aucune typologie criminologique ne lui a été appliquée nommément dans une source que nous ayons pu consulter. Sur les limites de cette approche, voir notre article sur le profilage criminel.

Ce qu'on ne sait pas

La nature de son état n'a jamais été tranchée. Le jury a jugé son récit non crédible, quand les psychiatres de Broadmoor ont maintenu pendant des années un diagnostic de schizophrénie ; en 2011, la cour d'appel a estimé que le temps écoulé ne rendait pas son récit plus crédible qu'en 1981. Enfin, Sir Lawrence Byford jugeait « hautement improbable » que les crimes pour lesquels il a été condamné soient les seuls qui lui soient imputables, et estimait probable qu'il ait commis d'autres agressions entre 1969 et 1980 (4ni, IBTimes) ; il n'a jamais été jugé pour d'autres faits.

Questions fréquentes

Combien de femmes Peter Sutcliffe a-t-il tuées ?

Treize, selon le verdict. Le 22 mai 1981, un jury de l'Old Bailey, à Londres, a reconnu Peter Sutcliffe coupable du meurtre de treize femmes tuées entre octobre 1975 et novembre 1980 dans le Yorkshire de l'Ouest et à Manchester. Il avait par ailleurs plaidé coupable de sept tentatives de meurtre sur des femmes qui ont survécu. Ce sont ses victimes confirmées. Condamné à vingt peines de réclusion à perpétuité, une par meurtre et par tentative, il est mort en détention sans avoir été jugé pour d'autres faits.

Comment Peter Sutcliffe a-t-il été arrêté ?

Par hasard, le 2 janvier 1981 à Sheffield, lors d'un contrôle de routine. Des policiers en patrouille ont constaté que la voiture dans laquelle il se trouvait portait de fausses plaques minéralogiques ; il a été interpellé pour ce seul motif. Transféré au commissariat de Dewsbury, dans le Yorkshire de l'Ouest, il est passé aux aveux après la découverte, près du lieu de son interpellation, d'objets dont il s'était débarrassé. Il avait pourtant été interrogé neuf fois par les enquêteurs pendant la série de meurtres, sans jamais être inquiété.

Peter Sutcliffe a-t-il été reconnu malade mental par la justice ?

Non. Diagnostiqué schizophrène paranoïde par plusieurs psychiatres, il plaidait la responsabilité atténuée, une défense partielle du droit anglais qui aurait ramené les meurtres à des homicides involontaires sans le rendre pour autant pénalement irresponsable. Le jury l'a écartée et l'a reconnu coupable de meurtre à la majorité. Condamné à vingt peines de réclusion à perpétuité, il a été transféré en 1984 à l'hôpital psychiatrique de Broadmoor sans que sa peine soit levée, puis renvoyé en prison en 2016. Le 16 juillet 2010, la High Court avait prononcé un whole life order : il ne pouvait jamais être libéré.

Quand Peter Sutcliffe est-il mort ?

Le 13 novembre 2020, à 74 ans, à l'hôpital universitaire de North Durham, dans le nord-est de l'Angleterre, après avoir contracté le Covid-19. Il était détenu depuis 2016 à la prison de Frankland. Il est mort sans avoir jamais été libéré : sa condamnation pour meurtre était définitive, et la High Court avait exclu en 2010 toute possibilité de libération. Le jour même, le chef de la police du Yorkshire de l'Ouest a présenté ses excuses aux familles des victimes pour « le langage, le ton et la terminologie » employés par les enquêteurs de l'époque.

Pour aller plus loin : documentaires, séries, livres et podcasts

Sélection informative, sans lien affilié.

Sources

  1. Peter Sutcliffe, Wikipedia (en)
  2. Wearside Jack, Wikipedia (en)
  3. Yorkshire Ripper (Investigations) — déclaration du ministre de l'Intérieur, 19 janvier 1982, Hansard, Chambre des communes
  4. Sir Lawrence Byford report into the police handling of the Yorkshire Ripper case, Home Office, GOV.UK (publication FOI du 1er juin 2006)
  5. R v Coonan (formerly Sutcliffe) [2010] EWHC 1741 (QB), 16 juillet 2010, The National Archives, Find Case Law
  6. R v Coonan (formerly Sutcliffe) [2011] EWCA Crim 5, 14 janvier 2011, The National Archives, Find Case Law
  7. Sutcliffe guilty of murder – 20 life sentences (The Guardian, 23 mai 1981), Nick Davies, archives personnelles de l'auteur de l'article
  8. Yorkshire Ripper pleads guilty (29 avril 1981), UPI Archives
  9. UK's 'Yorkshire Ripper' serial killer Peter Sutcliffe dies, CBC News / Associated Press, 13 novembre 2020
  10. Peter Sutcliffe: Police chief apologises for language used towards Yorkshire Ripper victims, ITV News, 13 novembre 2020
  11. Families of Yorkshire Ripper victims receive police apology for language used during investigation, The Independent, 13 novembre 2020 (article reproduit par l'English Collective of Prostitutes)
  12. L'éventreur du Yorkshire enfermé à vie, Europe 1, 16 juillet 2010
  13. Yorkshire Ripper Peter Sutcliffe moved to Frankland prison, Police Professional, 2016
  14. Remembering each of the 13 victims of the Yorkshire Ripper, Yorkshire Evening Post
  15. How and where was the Yorkshire Ripper caught?, The Yorkshire Post
  16. 40 years on: Catching the Yorkshire Ripper, Crime+Investigation UK
  17. The story of Wearside Jack and Sunderland's link to the Yorkshire Ripper investigation, Sunderland Echo
  18. Yorkshire Ripper report made public, Examiner Live (Huddersfield), 2006
  19. Major incident room standardised administrative procedures (MIRSAP), College of Policing
  20. Yorkshire Ripper case 'fundamentally changed' policing, says former top cop, The Stray Ferret
  21. Hill v Chief Constable of West Yorkshire, Wikipedia (en) ; e-lawresources.co.uk
  22. Peter Sutcliffe, Encyclopaedia Britannica

Corrections et mises à jour

  • — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
  • — Questions fréquentes ajoutées (nombre de victimes, arrestation, responsabilité pénale et peine, date de la mort), avec leurs sources.
  • — Disponibilité en France de la série « The Long Shadow » précisée (Canal+, VOD), vérifiée le 30 septembre 2026.

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