AustralieDossier1989-1992Nouvelle-Galles du Sud
L'affaire Ivan Milat
Entre la fin de 1989 et avril 1992, sept jeunes routards, deux Australiens, trois Allemands et deux Britanniques, ont disparu après avoir quitté Sydney par la Hume Highway. Leurs corps ont été retrouvés dans la forêt domaniale de Belanglo, au sud-ouest de la ville, entre septembre 1992 et novembre 1993. Une cellule spéciale de la police de Nouvelle-Galles du Sud, la Task Force Air, a alors croisé des milliers de fichiers pour réduire la liste des suspects. Le témoignage d'un routard britannique qui avait échappé à un automobiliste armé en janvier 1990 a désigné Ivan Milat, ouvrier des routes de la banlieue de Sydney, arrêté le 22 mai 1994. Condamné en juillet 1996 pour les sept meurtres, il n'a jamais reconnu les faits. Il est mort en détention en octobre 2019.
Les faits
Ivan Milat est né le 27 décembre 1944 en Nouvelle-Galles du Sud, dans une famille de quatorze enfants installée dans la grande banlieue ouest de Sydney. Au début des années 1990, il a une quarantaine d'années, vit à Eagle Vale, dans le sud-ouest de l'agglomération, et travaille depuis longtemps pour l'administration des routes de l'État. Il possède plusieurs armes.
L'affaire se joue le long de la Hume Highway, l'autoroute qui relie Sydney à Melbourne et à Canberra. À la fin des années 1980, elle est empruntée par de nombreux routards, australiens et étrangers, qui quittent Sydney en auto-stop vers le sud. Entre décembre 1989 et avril 1992, sept d'entre eux disparaissent après avoir pris la route : Deborah Everist et James Gibson, deux étudiants de Melbourne âgés de dix-neuf ans ; Simone Schmidl, vingt et un ans, puis Anja Habschied, vingt ans, et Gabor Neugebauer, vingt et un ans, trois Allemands ; Caroline Clarke, vingt et un ans, et Joanne Walters, vingt-deux ans, deux Britanniques. Les sept ont été tués dans la forêt domaniale de Belanglo, une vaste plantation de pins située à un peu plus de cent kilomètres au sud-ouest de Sydney, près de la Hume Highway. La justice a qualifié les faits de meurtres ; nous n'en décrivons pas les circonstances.
Comment l'enquête a abouti
Pendant près de trois ans, ces disparitions n'ont pas été reliées entre elles. Les victimes venaient de pays et d'horizons différents, leurs proches les cherchaient chacun de leur côté, et rien ne rattachait des routards partis vers le sud à une même forêt. Tout change en septembre 1992 : des coureurs d'orientation découvrent dans la forêt de Belanglo les corps des deux jeunes Britanniques, disparues en avril. L'enquête pour double meurtre n'aboutit pas.
En octobre 1993, la découverte des corps de Deborah Everist et de James Gibson, disparus près de quatre ans plus tôt, établit qu'il s'agit d'une série. Le 14 octobre 1993 selon Wikipédia, la police de Nouvelle-Galles du Sud crée une cellule spéciale, la Task Force Air. Elle est placée sous l'autorité du superintendent Clive Small, qui dirigera aussi l'arrestation selon l'ABC. Début novembre, les corps des trois routards allemands sont retrouvés à leur tour dans la même forêt. La cellule compte alors plus d'une vingtaine d'enquêteurs et d'analystes, et doit traiter un afflux considérable de signalements du public.
C'est là que l'affaire se distingue. Plutôt que de suivre les pistes une à une, la Task Force Air aurait croisé de grands volumes de données : immatriculations et propriétaires de véhicules fournis par l'autorité routière de l'État, permis de port d'arme, abonnements à des salles de sport, fichiers internes de la police. Selon le récit repris par Wikipédia, cette analyse des liens entre fichiers aurait permis de réduire une liste de plusieurs centaines de noms à deux cent trente suspects, puis à trente-deux. Le nom d'Ivan Milat figurait parmi ceux qui revenaient : un collègue de travail et plusieurs connaissances avaient signalé son intérêt pour les armes et sa familiarité avec le secteur de Belanglo. Ces chiffres proviennent d'une seule source encyclopédique et doivent être lus comme un ordre de grandeur.
Le tournant est venu d'un témoin que la police avait déjà entendu sans le savoir. Le 25 janvier 1990, un routard britannique de vingt-quatre ans, avait été pris en stop au sud de Sydney par un automobiliste qui s'était présenté sous le prénom de Bill. Au sud de Mittagong, à proximité de la forêt de Belanglo, le conducteur l'avait menacé d'une arme ; le jeune homme s'était enfui sur la Hume Highway et avait été recueilli par une automobiliste. Il avait signalé les faits à la police de Bowral, mais ce signalement était resté sans suite. Rentré en Grande-Bretagne, il apprend par la presse la découverte des corps et appelle la ligne ouverte par les enquêteurs le 13 novembre 1993, selon l'ABC comme selon Wikipédia.
Son appel ne produit pas d'effet immédiat. Selon Wikipédia, c'est en avril 1994 que les enquêteurs retrouvent la trace de son signalement de 1990 : le procès-verbal d'origine avait disparu, mais le carnet du policier qui l'avait reçu en conservait les éléments. L'automobiliste qui l'avait recueilli confirme son récit. Ivan Milat est placé sous surveillance. Au début de mai 1994, le survivant, revenu en Australie à la demande des enquêteurs, l'identifie sur photographie.
Le 22 mai 1994, au petit matin, une cinquantaine de policiers, dont des membres d'une unité d'intervention, encerclent la maison d'Eagle Vale, et Ivan Milat est arrêté. Selon Wikipédia, il est d'abord interpellé pour les faits commis contre le routard britannique, puis inculpé des sept meurtres le 31 mai. Au même moment, plusieurs centaines de policiers perquisitionnent chez lui et chez plusieurs membres de sa famille. Ils saisissent des armes, des munitions et des objets ayant appartenu à des victimes, dont des appareils photo et du matériel de camping. Selon Wikipédia, des pièces d'une carabine de calibre 22 correspondant à l'arme des meurtres figuraient parmi les saisies. Ce sont ces éléments matériels, joints au témoignage du survivant, qui fondent l'accusation.
Chronologie de l'affaire
- Naissance d'Ivan Milat, dans une famille nombreuse de la grande banlieue de Sydney.
- Deborah Everist et James Gibson, deux étudiants de Melbourne âgés de dix-neuf ans, disparaissent après avoir quitté Sydney en auto-stop.
- Un routard britannique de vingt-quatre ans, pris en stop au sud de Sydney, est menacé d'une arme par le conducteur et parvient à s'enfuir. Il signale les faits à la police de Bowral ; ce signalement reste sans suite.
- Disparition de Caroline Clarke, vingt et un ans, et de Joanne Walters, vingt-deux ans, deux Britanniques. Simone Schmidl, Anja Habschied et Gabor Neugebauer, trois Allemands, ont disparu en 1991.
- Des coureurs d'orientation découvrent les corps des deux jeunes Britanniques. L'enquête pour double meurtre ne débouche pas.
- Découverte des corps de Deborah Everist et James Gibson. La police de Nouvelle-Galles du Sud crée une cellule d'enquête spéciale, la Task Force Air, placée sous l'autorité du superintendent Clive Small.
- Découverte, début novembre, des corps des trois routards allemands. Le 13 novembre, le routard britannique de 1990 appelle la ligne ouverte par les enquêteurs.
- Revenu en Australie à la demande des enquêteurs, le survivant identifie Ivan Milat sur photographie.
- Arrestation d'Ivan Milat à son domicile ; perquisitions simultanées chez lui et chez plusieurs membres de sa famille. Il est inculpé des sept meurtres à la fin du mois.
- Ouverture du procès. Ivan Milat plaide non coupable.
- Le jury le déclare coupable des sept meurtres et des faits commis contre le routard britannique en 1990. Il est condamné à sept peines de réclusion à perpétuité.
- La Haute Cour refuse de l'autoriser à faire appel, estimant n'avoir aucune raison de douter des conclusions de la Cour d'appel pénale de Nouvelle-Galles du Sud.
- Mort d'Ivan Milat, à soixante-quatorze ans, d'un cancer diagnostiqué en mai 2019, sans avoir reconnu les faits.
Fiche de l'auteur
Ivan Milat
Condamné pour les sept meurtres de routards retrouvés dans la forêt de Belanglo, au sud de Sydney, entre 1992 et 1993.
Les lieux liés à l'affaire
- Forêt domaniale de Belanglo, Nouvelle-Galles du Sud — Lieu où les sept victimes ont été retrouvées, entre septembre 1992 et novembre 1993
- Hume Highway, près de l'embranchement de Belanglo — Secteur où un routard britannique a échappé à un automobiliste armé, le 25 janvier 1990
- Eagle Vale, banlieue sud-ouest de Sydney — Domicile d'Ivan Milat, où il est arrêté le 22 mai 1994
- Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud, Sydney — Procès du 26 mars au 27 juillet 1996
- Centre pénitentiaire de Goulburn — Prison de haute sécurité où il purge l'essentiel de sa peine
- Centre pénitentiaire de Long Bay, Sydney — Mort à l'hôpital de la prison, le 27 octobre 2019
Le procès et le verdict
Le procès s'est ouvert le 26 mars 1996 devant la Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney, juridiction qui juge en première instance les crimes les plus graves dans cet État. L'accusation était soutenue par le procureur de la Couronne Mark Tedeschi. Ivan Milat a plaidé non coupable des sept meurtres et des faits commis contre le routard britannique en 1990. Selon Wikipédia, cent quarante-cinq témoins ont été entendus en dix-huit semaines, dont l'accusé lui-même, qui a choisi de témoigner.
Il n'y avait ni aveux ni témoin direct des meurtres. L'accusation reposait sur un faisceau d'éléments : les armes et les objets appartenant aux victimes saisis lors des perquisitions, des pièces d'arme rattachées aux meurtres, et le témoignage du routard britannique survivant, qui a reconnu l'accusé à l'audience. La défense ne contestait pas l'identité des victimes, mais celle de l'auteur. En 2004, dans un entretien diffusé par l'ABC, Milat a résumé sa ligne de défense par la formule « ce n'était pas moi », en reconnaissant que la thèse de ses avocats, selon laquelle un autre membre de sa famille aurait pu être l'auteur des faits, relevait d'une simple stratégie de procès, « sans fondement ».
Le 27 juillet 1996, le jury l'a déclaré coupable de tous les chefs. Il a été condamné à sept peines de réclusion à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle, et à six ans d'emprisonnement pour l'enlèvement du routard britannique en 1990 (chef de detaining for advantage). La Cour d'appel pénale de Nouvelle-Galles du Sud a jugé que le procès n'avait été entaché d'aucune erreur judiciaire ; le 28 mai 2004, la Haute Cour d'Australie a refusé de l'autoriser à contester cette décision. Ses demandes ultérieures ont été rejetées. La condamnation était dès lors définitive ; il est mort en détention en 2019.
Ce que l'affaire a changé
Nous n'avons trouvé aucune loi ni réforme des pratiques policières australiennes directement attribuable à l'affaire Milat. Les articles publiés à sa mort, en 2019, n'en mentionnent pas. Il faut donc s'en tenir à ce qui est documenté.
L'affaire a d'abord montré le coût d'un signalement perdu. Le routard britannique avait décrit à la police, dès janvier 1990, l'homme et le véhicule qui l'avaient pris en stop près de Belanglo. Ce signalement n'a été rapproché de l'enquête qu'en 1994, après son propre appel. Entre-temps, cinq autres routards avaient disparu. Ce décalage, largement souligné dans les récits de l'enquête, est devenu l'un des enseignements de l'affaire : l'importance de conserver et de pouvoir recouper les plaintes apparemment mineures.
Elle est aussi régulièrement citée comme un exemple précoce d'enquête criminelle fondée sur le croisement de fichiers. À une époque où l'informatique policière restait limitée, la Task Force Air a exploité des bases administratives qui n'avaient pas été conçues pour cela, afin de passer d'une masse de signalements à une liste de suspects exploitable. Cette méthode serait évoquée dans la littérature consacrée à l'analyse de données appliquée aux enquêtes, notamment dans un ouvrage de Jesús Mena (2011) cité par Wikipédia.
Pour les voyageurs, l'affaire a durablement associé la Hume Highway et l'auto-stop au danger. Elle a eu un écho international, puisque cinq des sept victimes étaient étrangères, et elle a inspiré, selon CNN, le film d'horreur australien Wolf Creek (2005). Nous n'avons pas trouvé de source établissant une évolution de la réglementation de l'auto-stop qui lui serait attribuable.
Enfin, la condamnation a ouvert une série d'enquêtes sur d'autres disparitions. En 2001, une enquête judiciaire du coroner sur trois jeunes femmes disparues en 1978 et 1979 dans la région de Newcastle, au nord de Sydney, à une époque où Milat travaillait sur des chantiers routiers de la région, l'a désigné comme personne d'intérêt ; il a été tenu de comparaître. D'autres dossiers ont été réexaminés, dont la mort d'un jeune homme de dix-huit ans retrouvé en 1988 près des grottes de Jenolan : en 2019, l'ancien commissaire adjoint Clive Small estimait auprès de l'ABC qu'il existait des éléments « solides » en ce sens, insuffisants toutefois pour engager des poursuites. Aucune de ces pistes n'a abouti. Selon CNN, des policiers lui ont encore rendu visite à plusieurs reprises dans ses derniers jours, sans obtenir d'aveux. Ces disparitions restent des victimes suspectées, non des faits établis. La thèse d'un second auteur, avancée par certains, a par ailleurs été écartée selon Clive Small grâce à de nouvelles analyses scientifiques, d'après l'ABC.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Le procès de 1996, devant la Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud, ne s'est pas joué sur l'expertise psychiatrique. Ivan Milat a plaidé non coupable et contesté être l'auteur des faits : le débat portait sur l'identité du meurtrier, non sur son état mental, et la question de l'irresponsabilité pénale n'a pas été posée. Nous n'avons trouvé, dans les sources consultées, la trace d'aucun rapport de psychiatre ou de psychologue produit à l'audience.
Le 27 juillet 1996, le juge David Hunt a prononcé une peine de réclusion à perpétuité pour chacun des sept meurtres. D'après les extraits de ses motifs diffusés par l'agence Australian Associated Press, il a estimé que les victimes avaient subi un comportement dont l'indifférence à la souffrance dépassait presque l'entendement. Le tableau des peines tenu par les Public Defenders de l'État résume les raisons de la perpétuité : la nature des crimes, la dissuasion et, avant tout, la rétribution. L'appel a été rejeté le 26 février 1998, et la Haute Cour d'Australie a refusé d'examiner l'affaire en 2004. Ce verdict tranche la culpabilité ; il ne vaut pas diagnostic.
Diagnostics publiés
Aucune expertise publiée à notre connaissance.
Parcours documenté
Ivan Milat est né le 27 décembre 1944 à Guildford, dans l'ouest de Sydney, cinquième des quatorze enfants d'un père immigré croate et d'une mère australienne. L'ABC décrit un foyer pauvre et violent ; aucun lien de cause à effet avec les crimes n'est établi. Placé en détention pour mineurs à dix-sept ans pour des vols, il a purgé dans les années 1960 plusieurs peines de prison pour des vols et des cambriolages. Poursuivi pour le viol, en 1971, de l'une des deux auto-stoppeuses qu'il avait prises en voiture près de Sydney, il a été acquitté en 1974.
En détention, il a tenté de s'évader en mai 1997, puis a été transféré au quartier de haute sécurité de Goulburn. En 2001 et en janvier 2009, il s'est infligé des blessures volontaires ; il a aussi mené plusieurs grèves de la faim. L'ABC y voit des moyens de pression pour obtenir de meilleures conditions de détention.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Ivan Milat n'a jamais reconnu les meurtres. Il a témoigné à son procès pour les nier et, à l'énoncé du verdict, aurait simplement répété qu'il n'était pas coupable, selon le récit de Patrick Bellamy pour Crime Library. Dans des conversations téléphoniques enregistrées pour l'émission Australian Story de l'ABC, en 2004, il résumait ainsi sa défense : ce n'était pas lui, il ignorait qui avait tué, et c'était à l'accusation de prouver sa culpabilité. Il signait ses lettres de prison « Ivan the innocent », rapporte l'ABC. En août 2019, déjà malade, il écrivait encore à un journal de Sydney, dans une lettre dont la presse britannique a repris des extraits, qu'il avait été victime d'un coup monté par les enquêteurs et d'un procès « malveillant ». La police de Nouvelle-Galles du Sud lui a rendu visite à huit reprises dans ses derniers jours, sans rien obtenir.
Lectures criminologiques
La justice a retenu sept meurtres commis en quatre occasions, sur des routards pris en stop le long d'un même axe et conduits dans une même forêt : c'est le cœur du mode opératoire établi par l'enquête. Le résumé des Public Defenders relève des agressions d'une grande cruauté, comportant des éléments sexuels, et une force très supérieure à ce qu'il fallait pour tuer. Faute d'aveux, aucun mobile n'a été exposé par l'intéressé.
Pendant l'enquête, la police a consulté le Dr Rod Milton, psychiatre légiste. Son profil décrivait un homme d'environ trente-cinq ans, au passé marqué par l'agressivité, familier des lieux, et dont le mobile aurait été le plaisir, selon Biography.com et Patrick Bellamy ; d'après ce dernier, il envisageait aussi deux auteurs, l'un dominant l'autre. Milat avait alors entre quarante-quatre et quarante-sept ans, et c'est le témoignage d'un survivant, joint au croisement de fichiers, qui l'a désigné : le profil n'a pas identifié le suspect. Sur ce que vaut cette méthode, voir notre article sur le profilage criminel.
Le juge Hunt a estimé « inévitable » que le condamné n'ait pas agi seul ; Clive Small, qui dirigeait l'enquête, a soutenu le contraire. Aucune typologie criminologique ne lui est appliquée nommément dans les sources que nous avons pu consulter. La criminologue et autrice Amanda Howard estime, dans un article d'A&E publié en 2021, qu'il se serait convaincu de sa propre innocence : c'est une lecture à distance, sans examen.
Ce qu'on ne sait pas
Le mobile n'a jamais été expliqué par celui qui a été condamné, et aucun examen clinique n'a été publié : le mot « psychopathe », fréquent dans la presse à son sujet, ne repose sur aucune évaluation accessible, et nous ne le reprenons pas à notre compte. La question d'un second auteur oppose toujours les motifs du juge à la conviction des enquêteurs. Nous n'avons pas pu consulter le texte intégral du jugement ni des arrêts d'appel ; cette section s'appuie sur leurs résumés officiels et sur la presse. Enfin, les disparitions dans lesquelles il restait soupçonné à sa mort n'ont donné lieu à aucune poursuite.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Ivan Milat ?
La justice l'a reconnu coupable de sept meurtres, ceux de sept routards retrouvés dans la forêt de Belanglo en 1992 et 1993 : ce sont ses victimes confirmées. Il a aussi été condamné pour l'agression d'un routard britannique qui lui avait échappé en 1990. La police a examiné son éventuelle implication dans d'autres disparitions en Nouvelle-Galles du Sud, sans qu'aucune poursuite n'aboutisse : ces victimes suspectées ne font pas partie du bilan judiciaire.
Comment Ivan Milat a-t-il été arrêté ?
Par la combinaison de deux pistes. La Task Force Air, créée en octobre 1993, avait réduit sa liste de suspects en croisant des fichiers administratifs et policiers, et le nom de Milat y revenait. En novembre 1993, un routard britannique a signalé avoir échappé en janvier 1990 à un automobiliste armé près de Belanglo ; en mai 1994, il a identifié Milat sur photographie. Ivan Milat a été arrêté chez lui, à Eagle Vale, le 22 mai 1994.
Ivan Milat a-t-il avoué ?
Non. Il a plaidé non coupable, a été condamné en 1996 sans aveux sur un faisceau d'éléments matériels et le témoignage du survivant, et a contesté sa culpabilité jusqu'à la Haute Cour d'Australie, qui a refusé d'examiner son recours en 2004. Il est mort en 2019 sans avoir reconnu les faits.
Quand Ivan Milat est-il mort ?
Ivan Milat est mort le 27 octobre 2019, à soixante-quatorze ans, à l'hôpital du centre pénitentiaire de Long Bay, à Sydney. Un cancer de l'œsophage et de l'estomac lui avait été diagnostiqué en mai 2019. Il avait passé l'essentiel de sa détention à la prison de haute sécurité de Goulburn.
Pour aller plus loin : documentaires, séries, livres et podcasts
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre Milat: Inside Australia's Biggest Manhunt – A Detective's Story, Clive Small et Tom Gilling (en anglais, éditions papier, numérique et audio) — Le récit de l'enquête par le policier qui dirigeait la Task Force Air. Point de vue d'un acteur de l'affaire, à lire comme tel. Titre et auteurs vérifiés chez un libraire australien en octobre 2026 ; année d'édition à vérifier. Lien non affilié.
- Livre Sins of the Brother: The Definitive Story of Ivan Milat and the Backpacker Murders, Mark Whittaker et Les Kennedy (Pan Macmillan Australia, en anglais, 1998) — Enquête de deux journalistes, réédité en 2007, qui a servi de base à la mini-série Catching Milat. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
- Podcast Case 109: Belanglo (cinq parties) (Casefile (en anglais), 2019) — Récit en cinq épisodes, de mars à avril 2019, de l'enquête et du procès, avec la liste des ouvrages et archives de presse utilisés. Lien non affilié.
- Série Catching Milat (en France : Milat, traque d'un serial killer) (Seven Network ; diffusée en France sur 13e rue, 2015) — Mini-série en deux parties qui raconte l'enquête du point de vue de la Task Force Air. C'est une fiction, adaptée du livre de Mark Whittaker et Les Kennedy. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
- Documentaire Ces crimes qui ont choqué le monde, épisode « Meurtres en auto-stop » (série documentaire (Crimes That Shook the World), diffusée en France sur RMC Découverte) — Épisode consacré à l'affaire. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
Sources
- Australian serial killer Ivan Milat dies in Long Bay prison, aged 74 (27 octobre 2019), ABC News (Australie)
- Ivan Milat dead at 74, takes secrets of other murders to grave (27 octobre 2019), ABC News (Australie)
- Serial killer Milat refused right to appeal (28 mai 2004), ABC News (Australie)
- Milat says brothers innocent (8 novembre 2004), ABC News (Australie)
- Ivan Milat, Australia's 'backpacker murderer', dies (Ben Westcott, 28 octobre 2019), CNN
- He's in a bad way: Ivan Milat's nephew speaks out as the end nears (23 mai 2019), Illawarra Mercury
- Ivan Milat (notice biographique, mise à jour le 6 novembre 2019), Biography.com
- Case 109: Belanglo (Part 1/5) (23 mars 2019), Casefile
- Case 109: Belanglo (Part 3/5) (6 avril 2019), Casefile
- Case 109: Belanglo (Part 4/5) (13 avril 2019), Casefile
- Case 109: Belanglo (Part 5/5), avec la bibliographie (20 avril 2019), Casefile
- Milat: Inside Australia's Biggest Manhunt (Clive Small et Tom Gilling), fiche libraire, Booktopia
- Backpacker murders, Wikipedia (en)
- Ivan Milat, Wikipedia (en)
- Catching Milat, Wikipedia (en)
- Ivan Milat, Wikipédia (fr)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres. Procès : la peine de six ans liée à l'agression de 1990 sanctionne un chef d'enlèvement (detaining for advantage), et non trois chefs distincts comme indiqué auparavant.
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