États-UnisDossier1978-1991Wisconsin et Ohio
L'affaire Jeffrey Dahmer
Entre 1978 et 1991, Jeffrey Dahmer a tué dix-sept garçons et jeunes hommes, un dans l'Ohio, les autres à Milwaukee, dans le Wisconsin. La plupart de ses victimes étaient noires ou issues d'autres minorités, et beaucoup fréquentaient le milieu gay de la ville. Il a été arrêté par hasard, le 22 juillet 1991, après la fuite d'un homme qu'il retenait chez lui. Deux mois plus tôt, des policiers avaient raccompagné à son appartement un adolescent de quatorze ans qui tentait de lui échapper : ce manquement a provoqué une crise profonde entre la police de Milwaukee et les communautés noire et homosexuelle. Jugé en 1992, il a plaidé coupable mais aliéné ; le jury l'a déclaré pénalement responsable. Condamné à seize perpétuités, il a été tué par un codétenu en 1994.
Les faits
Jeffrey Dahmer est né le 21 mai 1960 à Milwaukee, dans le Wisconsin, et a grandi dans l'Ohio, à Bath Township, près d'Akron. C'est là qu'en juin 1978, à dix-huit ans, il a tué un auto-stoppeur du même âge, Steven Hicks. Ce meurtre est resté inconnu pendant treize ans. Après un passage dans l'armée, il s'est installé dans l'agglomération de Milwaukee, où il a travaillé dans une chocolaterie.
Il n'a plus tué pendant neuf ans. De 1987 à juillet 1991, il a commis seize meurtres à Milwaukee. Onze d'entre eux sont liés à l'appartement qu'il occupait depuis mai 1990 dans un quartier populaire situé à l'ouest du centre-ville, où les preuves en ont été découvertes lors de son arrestation. Ses victimes étaient des garçons et des jeunes hommes, parmi lesquels plusieurs adolescents ; selon le Christian Science Monitor et TIME, la plupart étaient noirs ou issus d'autres minorités, et beaucoup avaient été abordés à la sortie des bars gays de la ville. Il s'agit de meurtres précédés, pour plusieurs, de violences sexuelles.
Entre-temps, Dahmer était passé devant la justice. En 1989, il a été condamné pour agression sexuelle sur un garçon de treize ans. Il a purgé un an de détention en semi-liberté, puis a été placé en probation pour cinq ans. Il était toujours suivi à ce titre en 1991.
Comment l'enquête a abouti
À proprement parler, il n'y a pas eu d'enquête avant l'arrestation : aucun service ne s'intéressait à Dahmer. L'affaire s'est dénouée par la fuite d'un homme, et elle aurait pu l'être deux mois plus tôt.
Le 27 mai 1991. En pleine nuit, deux jeunes femmes du quartier signalent un adolescent blessé et désorienté dans la rue. Trois policiers interviennent. Dahmer affirme qu'il s'agit de son compagnon, un adulte ivre avec qui il s'est disputé. Les agents le croient, ne vérifient pas l'identité ni l'âge du garçon et ne retiennent pas les témoignages des voisines, qui insistent sur sa jeunesse. Ils raccompagnent l'adolescent à l'appartement et repartent sans pousser plus loin les vérifications. Il avait quatorze ans ; il a été tué peu après. Selon l'agence UPI, la commission de discipline de la police relèvera par la suite seize erreurs dans cette intervention, dont l'absence de vérification de l'âge du garçon et le refus d'entendre trois témoins.
Le 22 juillet 1991. Tard dans la soirée, un homme qui vient de s'enfuir de l'appartement de Dahmer, une menotte encore attachée au poignet, arrête une voiture de police. Les agents qui l'accompagnent sur place découvrent dans le logement les preuves de plusieurs meurtres et arrêtent Dahmer. Selon l'affidavit cité par UPI, il reconnaît d'abord onze meurtres. Au fil des interrogatoires des semaines suivantes, ses aveux en couvrent dix-sept, dont celui de 1978 dans l'Ohio.
Le travail des enquêteurs consiste dès lors à identifier les victimes et à rattacher chaque meurtre à des éléments matériels. Le parquet du comté de Milwaukee l'inculpe au total de quinze meurtres au premier degré. Celui de 1978 est poursuivi séparément dans l'Ohio. Le dix-septième, commis en 1987, ne sera jamais poursuivi, faute de preuves suffisantes.
La révélation des enregistrements. Quelques jours après l'arrestation, le chef de la police rend publics les enregistrements des échanges du 27 mai. On y entend les agents plaisanter sur une dispute de couple homosexuel. La découverte provoque une crise ouverte. Pour une partie de la communauté noire, l'épisode résume un rapport ancien à la police : selon le Christian Science Monitor, un élu municipal noir réclame la démission du maire et du chef de la police. Selon le même journal, le bimensuel gay de la ville publie une édition spéciale sur la peur et la colère de ses lecteurs, et le maire, John Norquist, reconnaît que l'insensibilité raciale a joué un rôle. Dès le 26 juillet, le chef de la police, Philip Arreola, avait suspendu les trois agents avec traitement ; début août, une consultation du syndicat de police montre que ses membres jugent massivement ces suspensions injustifiées et n'ont plus confiance en leur chef.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Jeffrey Dahmer. Sa famille s'installe ensuite dans l'Ohio, où il grandit.
- Meurtre de Steven Hicks, dix-huit ans, un auto-stoppeur. Les faits resteront inconnus jusqu'aux aveux de 1991.
- Condamné pour agression sexuelle sur un garçon de treize ans, il purge un an de semi-liberté puis est placé en probation, mesure toujours en cours lors de son arrestation.
- Appelés pour un adolescent blessé et désorienté dans la rue, trois policiers acceptent la version de Dahmer et raccompagnent le garçon, âgé de quatorze ans, à son appartement. Il y est tué peu après.
- Un homme qui vient de s'enfuir de l'appartement de Dahmer, une menotte au poignet, alerte une patrouille. Les policiers découvrent les preuves de plusieurs meurtres ; Dahmer est arrêté.
- Le chef de la police suspend avec traitement les trois agents intervenus le 27 mai.
- Le maire crée une commission citoyenne sur les relations entre la police et la population. Son rapport est remis en octobre.
- Deux des trois agents sont révoqués par le chef de la police.
- Dahmer plaide « coupable mais aliéné » pour quinze meurtres. Le procès ne portera plus que sur sa responsabilité pénale.
- Le jury, par dix voix contre deux sur chaque chef, le déclare pénalement responsable des quinze meurtres.
- Condamnation à quinze peines consécutives de réclusion à perpétuité.
- Il plaide coupable du meurtre de Steven Hicks et reçoit une seizième perpétuité.
- Un juge ordonne la réintégration des deux policiers révoqués, avec rappel de salaire.
- Jeffrey Dahmer, trente-quatre ans, est tué par un codétenu lors d'une corvée de nettoyage. Un autre détenu, agressé en même temps, meurt deux jours plus tard.
Fiche de l'auteur
Jeffrey Dahmer
Il a tué dix-sept jeunes hommes et adolescents entre 1978 et 1991, pour l'essentiel à Milwaukee. Son arrestation, le 22 juillet 1991, a révélé de graves manquements de la police locale, dont un signalement ignoré fin mai 1991 concernant un adolescent de quatorze ans ramené à son appartement. Condamné à quinze perpétuités à Milwaukee puis à une seizième dans l'Ohio, il a été tué par un codétenu à la prison de Portage en novembre 1994.
Les lieux liés à l'affaire
- Bath Township, comté de Summit (Ohio) — Commune de son adolescence ; premier meurtre, en juin 1978
- Ouest du centre de Milwaukee (Wisconsin) — Quartier de l'immeuble où il vivait depuis 1990 : incident policier du 27 mai 1991 et arrestation du 22 juillet 1991 ; l'immeuble a été démoli en 1992
- Palais de justice du comté de Milwaukee — Cour de circuit : procès sur la responsabilité pénale (janvier-février 1992), quinze perpétuités le 17 février 1992
- Akron, comté de Summit (Ohio) — Cour des plaids communs : seizième perpétuité, le 1er mai 1992
- Prison de Columbia, Portage (Wisconsin) — Lieu de détention ; mort de Jeffrey Dahmer le 28 novembre 1994
Le procès et le verdict
Jeffrey Dahmer a d'abord plaidé non coupable pour cause de maladie mentale. Le 13 janvier 1992, devant le juge Laurence C. Gram Jr., de la cour de circuit du comté de Milwaukee, il a changé de plaidoyer : « coupable mais aliéné » pour les quinze meurtres retenus par le parquet. En droit du Wisconsin, ce plaidoyer vaut reconnaissance des faits. Le procès, ouvert à la fin du mois de janvier, ne portait donc plus que sur une question : au moment des faits, souffrait-il d'une maladie mentale qui le privait de la capacité de mesurer le caractère illicite de ses actes ou de s'y conformer ? S'il était reconnu aliéné, il serait interné en établissement psychiatrique ; sinon, la prison à vie s'imposait, le Wisconsin ne pratiquant pas la peine de mort. La charge de la preuve reposait sur la défense, conduite par Gerald Boyle, face au procureur du comté, E. Michael McCann.
Les débats, une douzaine de jours d'audience selon l'agence UPI, ont été dominés par l'expertise psychiatrique. Les experts de la défense ont soutenu qu'il était atteint d'une maladie mentale au sens de la loi. Ceux de l'accusation, dont le psychiatre Park Dietz, ont décrit un trouble de la personnalité n'abolissant ni son discernement ni sa capacité à se contrôler, en insistant sur la préparation de ses actes. Selon UPI, les deux experts désignés par le tribunal ont rejoint les conclusions de l'accusation. Dahmer, lui, n'a pas témoigné, ce que le juriste Gregory J. O'Meara analyse comme un choix de la défense.
Le 15 février 1992, après environ cinq heures de délibéré, le jury a écarté l'irresponsabilité pénale pour chacun des quinze meurtres, par dix voix contre deux, soit la majorité minimale exigée par la loi de l'État. Selon UPI, il comptait sept hommes et cinq femmes, dont un seul juré noir. Le 17 février, après avoir entendu les familles des victimes, le juge Gram l'a condamné à quinze peines consécutives de réclusion à perpétuité, une peine qui excluait de fait toute libération.
Le 1er mai 1992, à Akron, devant la cour des plaids communs du comté de Summit, il a plaidé coupable du meurtre aggravé de Steven Hicks, commis en 1978, et reçu une seizième perpétuité. Un dix-septième meurtre avoué, commis à Milwaukee en 1987, n'a jamais été poursuivi, faute de preuves suffisantes. Sa mort en détention, en 1994, a éteint toute autre procédure.
Ce que l'affaire a changé
Nous n'avons trouvé aucune réforme législative nationale directement attribuable à l'affaire Dahmer. Ses effets ont été locaux, et ils ont d'abord porté sur la police de Milwaukee.
Début août 1991, le maire John Norquist a installé une commission citoyenne sur les relations entre la police et la population. Selon le rapport publié en 1994 par le comité consultatif du Wisconsin auprès de la Commission américaine des droits civiques, ses recommandations, remises le 15 octobre 1991, portaient sur des procédures de plainte plus simples, une police plus présente dans les quartiers, le développement d'une police de proximité, une formation à la diversité et une meilleure responsabilité de l'encadrement. Le même comité consultatif avait demandé dès le 31 juillet 1991 que l'on examine si l'origine des victimes et de l'auteur avait pesé sur la réponse policière.
Le sort des policiers a divisé la ville pendant des années. En septembre 1991, le chef Arreola a révoqué deux des trois agents. En octobre 1992, les deux hommes ont reconnu devant la commission de discipline de la police (Fire and Police Commission) avoir manqué à leurs obligations ; le 27 novembre 1992, celle-ci a confirmé leur révocation, qualifiant leur manquement de négligence grave. En avril 1994, un juge a ordonné leur réintégration avec rappel de salaire ; selon l'arrêt rendu en 1998 par la cour d'appel fédérale du 7e circuit, il avait jugé la révocation déraisonnable pour une simple négligence, et une suspension de soixante jours lui a été substituée. Dans ce même arrêt, la cour fédérale a rejeté le recours dans lequel les deux agents soutenaient que leur révocation avait été motivée par des considérations raciales.
L'affaire a aussi laissé une trace dans la manière dont la ville a traité ses lieux et ses objets. L'immeuble où vivait Dahmer, racheté par une association de quartier, a été démoli en novembre 1992, et le terrain n'a jamais été reconstruit. En 1996, un promoteur immobilier de Milwaukee a réuni plus de 400 000 dollars pour acquérir les biens de Dahmer et les faire détruire, le produit de la vente revenant aux familles des victimes.
Trente ans plus tard, la question n'est pas close. La série de fiction diffusée par Netflix en 2022 a rouvert le débat : la sœur de l'une des victimes a dit ne pas avoir été consultée et a jugé l'œuvre retraumatisante, tandis que des habitants noirs et homosexuels de Milwaukee interrogés par NBC News décrivaient une blessure collective ravivée.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Au procès de Milwaukee, en janvier et février 1992, Dahmer avait plaidé « coupable mais aliéné » : le jury devait seulement dire si, au moment des faits, une maladie mentale le privait de la capacité de mesurer le caractère illicite de ses actes ou de s'y conformer. Sept psychiatres et psychologues ont été entendus dans le cadre de cette expertise psychiatrique. Pour la défense, le psychiatre Fred Berlin, de l'université Johns Hopkins, la psychologue Judith Becker, de l'université de l'Arizona, et le psychiatre Carl Wahlstrom, de Chicago, l'ont dit atteint d'une maladie mentale au sens de la loi. Pour l'accusation, les psychiatres Fred Fosdal et Park Dietz ont conclu à sa responsabilité, comme les deux experts désignés par le tribunal, le psychiatre George Palermo et le psychologue Samuel Friedman. Selon UPI, les experts se sont ainsi partagés à quatre contre trois.
Le 15 février 1992, le jury a écarté l'irresponsabilité pénale pour chacun des quinze meurtres, par dix voix contre deux, la majorité minimale requise en droit du Wisconsin. Ce verdict tranche une question de droit ; il ne vaut pas diagnostic médical.
Diagnostics publiés
Selon les comptes rendus d'UPI et d'Associated Press, les trois experts de la défense auraient retenu une paraphilie, un trouble des préférences sexuelles, que Fred Berlin tenait pour une affection psychiatrique authentique. Carl Wahlstrom aurait été le seul à le décrire comme psychotique, en raison d'idées qu'il jugeait délirantes. Pour l'accusation, Fred Fosdal aurait lui aussi diagnostiqué une paraphilie, qu'il qualifiait de maladie mentale, sans estimer qu'elle l'avait privé de la capacité de se contrôler. Park Dietz aurait retenu une déviance sexuelle et un alcoolisme, sans y voir une maladie mentale au sens de la loi ; selon le juriste Gregory J. O'Meara, il jugeait seulement « défendable » un diagnostic de trouble mixte de la personnalité à traits antisociaux, schizoïdes et schizotypiques. George Palermo, expert du tribunal, l'aurait décrit comme un sadique sexuel. Selon UPI, tous s'accordaient sur l'existence d'une déviance sexuelle et sur le fait qu'il savait ses actes répréhensibles.
Sur ce que ces notions recouvrent pour la psychiatrie et pour le droit, voir notre article Paraphilies : ce que disent la psychiatrie et la justice.
Parcours documenté
Né en 1960 à Milwaukee, Jeffrey Dahmer a grandi dans l'Ohio, à Bath Township. Les notices biographiques le décrivent comme un adolescent solitaire et font état d'un divorce très conflictuel de ses parents, que la Scribner Encyclopedia of American Lives situe en 1978. Après un seul trimestre à l'université d'État de l'Ohio, à l'automne 1978, marqué selon plusieurs sources par une forte consommation d'alcool, il s'est engagé dans l'armée, qui l'a affecté en Allemagne de l'Ouest puis l'a renvoyé en 1981 en raison de son alcoolisme. En mai 1989, à Milwaukee, il a été condamné pour agression sexuelle sur un garçon de treize ans, à un an de détention en semi-liberté et cinq ans de probation.
Judith Becker a soutenu à l'audience que ses troubles s'étaient manifestés dès l'enfance ; la notice de Biography.com évoque le divorce parental comme possible déclencheur. Ce sont des hypothèses : aucun lien de cause à effet n'a été établi.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence. Après son arrestation, Dahmer a fait des aveux détaillés ; selon UPI, sa déposition de 179 pages a été lue au procès par un policier. Il n'a pas témoigné : selon Gregory J. O'Meara, la défense a préféré faire passer sa parole par les experts, ses aveux comportant des incohérences défavorables à sa thèse.
Le 17 février 1992, avant sa condamnation, il a lu une déclaration au tribunal. Selon Associated Press, il y disait n'avoir jamais cherché à être libéré, comprendre la « haine légitime » des familles et avoir trouvé « un peu de paix » depuis que les médecins lui avaient parlé de sa maladie.
Lectures criminologiques
La justice a retenu la lecture de l'accusation : des actes préparés, et non une impulsion irrésistible. Park Dietz a insisté sur la préparation des meurtres et sur l'alcool, qui lui aurait permis de surmonter ses propres inhibitions ; il relevait que Dahmer renonçait à passer à l'acte lorsqu'un tiers risquait de le surprendre. Le mode opératoire décrit au procès, des hommes invités chez lui puis drogués à leur insu, a été invoqué dans le même sens.
Aucune typologie criminologique ne lui a été appliquée dans une source que nous ayons pu consulter directement ; pour ce que vaut cette approche, voir notre article sur le profilage criminel.
Ce qu'on ne sait pas
Les experts se sont moins opposés sur l'existence de troubles graves que sur leur qualification juridique : la paraphilie relevée dans les deux camps était-elle une « maladie mentale » au sens de la loi ? Les comptes rendus divergent aussi : Fred Fosdal est présenté par la plupart des sources comme expert de l'accusation, mais par une dépêche UPI comme désigné par le tribunal ; Park Dietz aurait nié toute maladie mentale selon certaines sources, refusé de se prononcer selon le Dr Wahlstrom ; les diagnostics attribués à George Palermo varient selon les comptes rendus. L'origine de ses troubles reste inconnue ; l'essentiel de ce que l'on sait de sa vie intérieure vient de ses propres déclarations, invérifiables.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Jeffrey Dahmer ?
Jeffrey Dahmer a avoué dix-sept meurtres commis entre 1978 et 1991. La justice en a jugé seize : quinze à Milwaukee en février 1992 et un dans l'Ohio en mai 1992. Le dix-septième, commis à Milwaukee en 1987, n'a pas été poursuivi, faute de preuves suffisantes. Ses victimes étaient des garçons et des jeunes hommes, parmi lesquels plusieurs adolescents ; la plupart étaient noirs ou issus d'autres minorités. Voir les victimes confirmées.
Comment Jeffrey Dahmer a-t-il été arrêté ?
Par hasard, tard dans la soirée du 22 juillet 1991. Un homme qui venait de s'enfuir de son appartement de Milwaukee, une menotte encore au poignet, a arrêté une voiture de police. Les agents qui l'ont raccompagné ont découvert dans le logement les preuves de plusieurs meurtres. Aucune enquête ne visait Dahmer jusque-là, alors que des policiers étaient déjà intervenus chez lui deux mois plus tôt, le 27 mai 1991, et y avaient raccompagné un adolescent de quatorze ans qui a été tué peu après.
Pourquoi l'affaire a-t-elle mis en cause la police de Milwaukee ?
Le 27 mai 1991, trois policiers ont cru Dahmer, qui présentait un adolescent de quatorze ans blessé comme son compagnon adulte, et ont ignoré les voisines qui les alertaient. Pour les communautés noire et homosexuelle, déjà critiques envers la police, ce manquement illustrait un traitement discriminatoire. Le maire a créé une commission et, selon le Christian Science Monitor, reconnu que l'insensibilité raciale avait joué un rôle ; deux agents ont été révoqués en 1991, puis réintégrés sur décision de justice en 1994.
Quand et comment Jeffrey Dahmer est-il mort ?
Jeffrey Dahmer est mort le 28 novembre 1994, à trente-quatre ans, à la prison de Columbia, à Portage, dans le Wisconsin. Il a été frappé par un codétenu condamné pour meurtre alors qu'il effectuait une corvée de nettoyage ; un autre détenu agressé en même temps est mort deux jours plus tard.
Pour aller plus loin : livres
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre Mon ami Dahmer, Derf Backderf (Éditions çà et là, traduction de Fanny Soubiran, 2013) — Roman graphique de 224 pages dans lequel l'auteur, camarade de lycée de Dahmer dans l'Ohio, raconte leurs années d'adolescence, avant les faits. Prix Révélation du festival d'Angoulême 2014. Lien non affilié.
- Article Police Protection of the African American Community in Milwaukee (Comité consultatif du Wisconsin auprès de la Commission américaine des droits civiques, novembre 1994 (en anglais)) — Rapport officiel consacré aux relations entre la police de Milwaukee et la communauté noire après l'affaire, avec le détail de la commission municipale de 1991. Lien non affilié.
- Article He Speaks Not, Yet He Says Everything: Text, Context, and Pretext in State v. Jeffrey Dahmer (Gregory J. O'Meara) (Denver University Law Review, vol. 87, 2009 (en anglais)) — Analyse juridique du procès de 1992 et de la stratégie de la défense, par un professeur de droit de l'université Marquette, à Milwaukee. Lien non affilié.
Sources
- Suspect in multiple slayings says he 'responsible' (24 juillet 1991), UPI Archives
- Officers suspended in dismemberment killings (26 juillet 1991), UPI Archives
- Officials search for remains of Dahmer's first victim (30 juillet 1991), UPI Archives
- Milwaukee police send chief message of no confidence (7 août 1991), UPI Archives
- Dismissal of cops in Dahmer case draws fire (7 septembre 1991), UPI Archives
- Dahmer Case Unleashes Black Anger in Milwaukee (16 août 1991), The Christian Science Monitor
- Milwaukee Murders: Did They All Have to Die? (1991), TIME
- Police Protection of the African American Community in Milwaukee (novembre 1994), Wisconsin Advisory Committee to the U.S. Commission on Civil Rights
- Dahmer pleads guilty but insane (AP, 13 janvier 1992), Deseret News
- Jury finds Dahmer sane (15 février 1992), UPI Archives
- Dahmer not crazy, jury says cannibal faces life in cell (AP, 16 février 1992), The Roanoke Times
- What Was Jeffrey Dahmer's Murder Trial Like?, A&E (aetv.com)
- The Michigan Daily, 18 février 1992 (dépêche AP sur la condamnation), Bentley Historical Library, université du Michigan
- Dahmer sentenced to 15 consecutive life terms in prison (AP, 17 février 1992), Deseret News
- Dahmer sentenced to life for Hicks murder (1er mai 1992), UPI Archives
- Dahmer apartment building to be razed, turned into park (13 août 1992), UPI Archives
- Police officers fired in Dahmer case admit mistake (13 octobre 1992), UPI Archives
- Commission upholds firing of Dahmer cops (27 novembre 1992), UPI Archives
- 2 officers in Dahmer case lose bid to regain police jobs (AP, 28 novembre 1992), Deseret News
- Dahmer cops to get jobs back (27 avril 1994), UPI Archives
- Killer's effects are destroyed (28 juin 1996), Deseret News
- Arrêt de la cour d'appel fédérale du 7e circuit sur la surveillance de la probation de Jeffrey Dahmer (105 F.3d 1182, 31 janvier 1997), OpenJurist
- Arrêt de la cour d'appel fédérale du 7e circuit sur le recours des deux policiers révoqués (15 décembre 1998), FindLaw
- Dahmer killed in prison (28 novembre 1994), UPI Archives
- Dahmer killed in prison (AP, 29 novembre 1994), The Roanoke Times
- Inmate used bar from exercise machine in Dahmer slaying (AP, 16 décembre 1994), Deseret News
- Jeffrey Dahmer's Life (and Death) in Prison, Biography.com
- He Speaks Not, Yet He Says Everything: Text, Context, and Pretext in State v. Jeffrey Dahmer (Gregory J. O'Meara, 2009), Denver University Law Review (dépôt de l'université Marquette)
- Serial Murder and Victim Responses: Events and Aftermath of the Jeffrey Dahmer Case (Richard D. Knudten, 1998), Illness, Crisis & Loss (SAGE)
- Milwaukee's crime of the century: 25 years after Jeffrey Dahmer (Anne E. Schwartz), OnMilwaukee
- Jeffrey Dahmer Apartment Building Now (2022), Newsweek
- The Controversy Behind Netflix's Jeffrey Dahmer Series (2022), TIME
- Black queer Milwaukeeans on Netflix's Jeffrey Dahmer series (2022), NBC News
- Mon ami Dahmer (fiche éditeur), Éditions çà et là
- The man who could not kill enough (notice bibliographique), Open Library
- Jeffrey Dahmer (Research Starters), EBSCO
- Jeffrey Dahmer, Wikipedia (en)
Corrections et mises à jour
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques (expertises du procès de 1992, diagnostics attribués, parcours, propos de l'auteur, lectures, zones d'ombre), avec ses sources propres.
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