AllemagneDossier1955-1976Ruhr, Rhénanie-du-Nord-Westphalie
L'affaire Joachim Kroll
De 1955 à 1976, Joachim Kroll, ouvrier né en Haute-Silésie et installé dans la Ruhr après la guerre, a tué des femmes, des fillettes et un homme dans une dizaine de villes de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, de Lüdinghausen à Wuppertal. Pendant vingt et un ans, aucun de ces dossiers n'a été relié aux autres, et plusieurs hommes innocents ont été soupçonnés à sa place. L'affaire s'est dénouée début juillet 1976 à Duisbourg, dans le quartier de Laar, après la disparition d'une fillette de quatre ans qui habitait le voisinage. Il s'est attribué quatorze meurtres ; au terme d'un procès de deux ans et demi, le tribunal régional de Duisbourg en a retenu huit, ainsi qu'une tentative, le 8 avril 1982. Condamné à la réclusion à perpétuité, il est mort en détention à Rheinbach en 1991.
Les faits
Joachim Georg Kroll est né le 17 avril 1933 à Hindenburg, en Haute-Silésie, aujourd'hui Zabrze, en Pologne. Il est l'un des huit ou neuf enfants, selon les sources, d'une famille de mineurs. Après la guerre, la famille s'installe dans la Ruhr, du côté de Bottrop. Sa scolarité est interrompue et incomplète ; après son arrestation, un test d'intelligence donnera un résultat nettement inférieur à la moyenne. Au début des années 1960, il s'établit à Duisbourg, où il travaille comme agent d'entretien des sanitaires chez Mannesmann, puis comme préposé aux douches de l'aciérie August Thyssen. Ses collègues le décrivent comme discret, un peu original.
Entre février 1955 et juillet 1976, il tue des femmes, des fillettes et un homme dans une dizaine de localités de Rhénanie-du-Nord-Westphalie : Lüdinghausen, Rheinhausen, Essen, Duisbourg, Marl, Wuppertal, Hückeswagen, Voerde, entre autres. La justice retiendra huit meurtres, dont plusieurs précédés de violences sexuelles, et une tentative de meurtre sur une fillette de onze ans en 1967. Les victimes retenues sont trois femmes âgées de dix-neuf à soixante et un ans, quatre fillettes âgées de quatre à treize ans et un homme de vingt-cinq ans, tué en août 1965 à Duisbourg-Großenbaum alors qu'il se trouvait en voiture avec sa compagne. La dernière victime est une fillette de quatre ans de son voisinage, à Duisbourg-Laar, en juillet 1976.
Comment l'enquête a abouti
Pendant vingt et un ans, aucune enquête n'a remonté jusqu'à Joachim Kroll. Chaque meurtre a été traité comme une affaire isolée, par la police criminelle de la ville concernée, sans vue d'ensemble à l'échelle de la région. Les faits étaient dispersés dans le temps, parfois plusieurs années d'écart, et dans l'espace, sur plus de cent kilomètres. Les victimes ne présentaient pas de profil unique : des enfants et des adultes, des femmes et un homme. Rien, dans les méthodes employées, n'a conduit les enquêteurs de l'époque à envisager un même auteur.
Faute de piste commune, les soupçons se sont portés sur l'entourage des victimes et sur des hommes du voisinage. Les sources s'accordent sur le fait qu'au moins un innocent a été condamné pour l'un des meurtres que Kroll a ensuite avoués, celui commis à Essen en 1959 selon Dieter Wunderlich ; la durée de sa détention diverge, trois ans selon certaines sources, huit selon d'autres. Plusieurs récits, dont celui de Wikipédia en anglais et du site True Crime Junkie, rapportent en outre que d'autres hommes soupçonnés à tort, en 1959, 1962 et 1966, se seraient donné la mort après avoir été mis en cause. Nous n'avons pas trouvé de source judiciaire publiée qui le confirme : ces points restent au conditionnel. Ce sont ces erreurs, plus encore que la durée de la série, qui font de l'affaire un cas d'étude dans la littérature policière allemande.
Le dénouement ne doit rien à un rapprochement d'enquêteurs. Début juillet 1976, une fillette de quatre ans disparaît dans le quartier de Laar, au nord de Duisbourg, près du port de Ruhrort. La police organise des recherches dans le voisinage. Un voisin de Kroll, intrigué par certains de ses propos, prévient les policiers. Ceux-ci découvrent dans son logement la preuve de la mort de l'enfant et l'arrêtent sur place, le 3 juillet selon plusieurs sources ; le site Ruhrbarone date du 4 ses premières déclarations aux enquêteurs.
L'essentiel de l'enquête commence alors. Interrogé par la police criminelle de Duisbourg, Kroll s'attribue une série de meurtres remontant à 1955. Il en aurait décrit quatorze, avec une précision inégale ; d'autres sources parlent d'une douzaine, une autre d'une trentaine, et certains aveux ont ensuite été retirés. Selon le récit de Crime + Investigation, il aurait conduit les enquêteurs sur plusieurs lieux de faits anciens. Le travail consiste à exhumer les dossiers de l'époque, dispersés entre plusieurs services, et à vérifier si ses déclarations correspondent à des éléments que seul l'auteur pouvait connaître. C'est cette vérification, longue de plus de trois ans, qui fixe le périmètre du procès : huit meurtres et une tentative, sur quatorze faits avoués. Les autres restent des victimes suspectées, faute de preuve suffisante.
Chronologie de l'affaire
- Naissance de Joachim Georg Kroll dans une famille nombreuse de mineurs de Haute-Silésie, alors allemande.
- Après la guerre, la famille s'installe dans la Ruhr, du côté de Bottrop. Sa scolarité, interrompue, est restée incomplète.
- Premier des meurtres retenus par la justice : une jeune femme de dix-neuf ans, le 8 février selon plusieurs sources.
- Deux meurtres, à Rheinhausen puis à Essen. Pour le second, un homme innocent est soupçonné ; selon certaines sources, il aurait été condamné et emprisonné.
- Trois meurtres de fillettes et d'adolescentes, à Dinslaken, Walsum et Burscheid, lui sont attribués cette année-là selon les récapitulatifs disponibles. Il vit alors à Duisbourg, où il s'est installé au début de la décennie.
- Il agresse un couple dans une voiture ; l'homme, âgé de vingt-cinq ans, meurt de ses blessures. C'est la seule victime masculine.
- Une fillette de onze ans échappe à une agression ; ces faits seront jugés comme une tentative de meurtre.
- Meurtre d'une femme de soixante et un ans à Hückeswagen, dans le Bergisches Land, selon les récapitulatifs disponibles.
- Disparition d'une fillette de quatre ans du voisinage. Alertée par un voisin, la police découvre chez Kroll la preuve de sa mort et l'arrête sur place, le 3 juillet selon plusieurs sources ; Ruhrbarone date du 4 ses premières déclarations aux enquêteurs.
- Au cours des interrogatoires, il s'attribue une série de meurtres remontant à 1955, quatorze selon les récits les plus repris ; une partie de ses aveux sera ensuite retirée.
- Ouverture du procès, plus de trois ans après l'arrestation.
- Reconnu coupable de huit meurtres et d'une tentative de meurtre, il est condamné à neuf peines de réclusion à perpétuité.
- Mort de Joachim Kroll en détention, d'une crise cardiaque, à cinquante-huit ans.
Fiche de l'auteur
Joachim Kroll
Ouvrier de la Ruhr, il a tué pendant plus de vingt ans sans être inquiété, jusqu'à son arrestation à Duisbourg en juillet 1976. Condamné en 1982 pour huit meurtres et une tentative, après un procès de plus de deux ans et demi, il est mort en prison en 1991.
Les lieux liés à l'affaire
- Zabrze (anciennement Hindenburg), Haute-Silésie, Pologne — Naissance de Joachim Kroll (17 avril 1933), alors en Allemagne
- Lüdinghausen, Westphalie — Premier meurtre retenu, celui d'une jeune femme de dix-neuf ans (février 1955)
- Duisbourg-Großenbaum — Agression d'un couple en août 1965 ; l'homme, vingt-cinq ans, meurt de ses blessures
- Duisbourg-Laar — Quartier où il habite ; disparition d'une fillette de quatre ans et arrestation (début juillet 1976)
- Tribunal régional (Landgericht) de Duisbourg — Procès du 5 octobre 1979 au 8 avril 1982
- Prison (JVA) de Rheinbach — Lieu de détention ; décès le 1er juillet 1991
Le procès et le verdict
Le procès s'est ouvert le 5 octobre 1979 devant le tribunal régional (Landgericht) de Duisbourg, plus de trois ans après l'arrestation. Ce délai s'explique par l'ampleur de l'instruction : il fallait, pour chacun des faits que l'accusé s'attribuait, retrouver le dossier d'origine, parfois vieux de plus de vingt ans, et confronter ses déclarations aux constatations de l'époque. Plusieurs de ces dossiers relevaient de parquets et de services de police différents, dans des villes éloignées les unes des autres.
Les audiences se sont étendues sur environ deux ans et demi : 151 jours d'audience selon une source, 142 selon une autre. L'accusé ne contestait pas l'essentiel des faits, mais ses déclarations variaient d'un interrogatoire à l'autre, et il était revenu sur certains aveux. Le tribunal n'a retenu que les cas où ces aveux étaient corroborés par des éléments indépendants.
Le 8 avril 1982, Joachim Kroll a été reconnu coupable de huit meurtres et d'une tentative de meurtre, et condamné à neuf peines de réclusion à perpétuité. Les victimes retenues par le jugement sont trois femmes âgées de dix-neuf à soixante et un ans, quatre fillettes âgées de quatre à treize ans et un homme de vingt-cinq ans. Les autres meurtres qu'il s'était attribués n'ont pas été établis avec une certitude suffisante pour être jugés. Il est mort en détention à la prison de Rheinbach, le 1er juillet 1991.
Ce que l'affaire a changé
Nous n'avons trouvé aucune réforme de la loi ou des pratiques policières directement attribuable à l'affaire Kroll. Elle n'en reste pas moins un exemple souvent cité de ce que produit l'absence de rapprochement entre des homicides dispersés : un auteur qui n'est jamais inquiété pendant plus de vingt ans, et des enquêtes qui, faute de vue d'ensemble, se retournent contre des innocents. Les outils d'analyse sérielle des crimes, que la police allemande a développés dans les décennies suivantes, répondent à ce type de situation, mais pour des raisons générales et non à cause de ce seul dossier. Le glossaire présente le principe du profilage criminel et de l'analyse du mode opératoire.
L'affaire illustre aussi les limites d'un procès fondé en grande partie sur des aveux tardifs. Juger en 1982 des faits remontant à 1955, quand les témoins ont disparu et que les preuves matérielles n'ont pas été conservées, conduit à ne retenir que ce qui peut être corroboré. L'écart entre les quatorze meurtres avoués et les huit condamnations en est la mesure : il ne signifie pas que les autres faits sont faux, mais qu'ils n'ont pas pu être établis.
Dans la Ruhr, l'affaire est restée une référence de la mémoire criminelle régionale. Elle revient régulièrement dans la presse et les médias locaux, du podcast judiciaire de la WAZ, le grand quotidien de la région, à la série « Mord im Pott » de Radio 91.2. Les victimes, elles, sont rarement au centre de ces récits, qui ont longtemps privilégié la personnalité de l'auteur et le surnom que la presse lui avait donné.
Profil psychologique : ce que disent les experts
Expertises judiciaires
Le procès s'est ouvert au début d'octobre 1979 devant le tribunal régional (Landgericht) de Duisbourg, le 4 selon Die Zeit, le 5 selon d'autres récits ; l'accusé répondait de huit meurtres et d'une tentative, commis entre 1955 et 1976. Il se serait tu la plupart du temps, selon le dossier « Akte NRW » du groupe de presse Funke, et il avait rétracté ses aveux, rapporte Der Spiegel.
Le compte rendu du verdict publié par le chroniqueur judiciaire Gerhard Mauz dans Der Spiegel (n° 16/1982) nomme trois experts. Le psychologue Herbert Maisch, de Hambourg, a analysé les procès-verbaux des aveux et les dépositions des policiers ; entendu aussi sur la responsabilité, il s'est expressément gardé de déduire la gravité du trouble de la gravité des actes. Un psychiatre et sexologue de Hambourg, que l'hebdomadaire appelle le professeur Schorsch, a décrit une très grave déformation de la personnalité, dont la déviance sexuelle serait le symptôme, et jugé qu'il serait justifié de retenir l'irresponsabilité pénale. L'expert psychiatre du tribunal, le professeur Hermann Witter, de Sarrebruck, s'est dit personnellement favorable à une responsabilité atténuée, en ajoutant que la question relevait d'abord du droit. Ces avis ne sont connus que par ce compte rendu : les rapports d'expertise psychiatrique ne sont pas publiés. Le site Ruhrbarone évoque en outre un test d'intelligence passé dans le cadre d'une expertise.
Le 8 avril 1982, après 151 jours d'audience, le tribunal, présidé par Paul Georg Schimmann, l'a reconnu coupable des neuf faits et a prononcé neuf peines de réclusion à perpétuité. Toujours selon Der Spiegel, il l'a tenu pour pleinement responsable : sans exclure une atténuation de la responsabilité, il l'a jugée compensée par d'autres circonstances aggravantes. Gerhard Mauz critiquait vivement ce raisonnement ; c'est l'opinion d'un chroniqueur, non celle d'une juridiction. Kroll a exécuté sa peine en prison, à Rheinbach, où il est mort le 1er juillet 1991. Ce verdict tranche la culpabilité et la responsabilité ; il ne vaut pas diagnostic médical.
Diagnostics publiés
Aucune expertise publiée à notre connaissance. Les avis rapportés ci-dessus sont des dépositions d'audience, connues par un seul compte rendu de presse.
Parcours documenté
Né le 17 avril 1933 à Hindenburg, en Haute-Silésie (aujourd'hui Zabrze, en Pologne), il est le sixième enfant d'un mineur ; la fratrie compte huit ou neuf enfants selon les sources. Sa scolarité, lacunaire, n'a duré que cinq ans d'après Ruhrbarone et la notice de Wikipédia en allemand. Il vit ensuite de travaux agricoles, d'après Ruhrbarone et le dossier « Akte NRW ». La famille gagne la Ruhr en 1947 selon Dieter Wunderlich ; « Akte NRW » ne l'y situe lui-même qu'à partir de 1952. Le sort du père diverge : il ne serait pas revenu de captivité selon Dieter Wunderlich, alors que Wikipédia en allemand le fait encore vivre chez son père, à Bottrop, en 1955.
Sa mère meurt en 1955, et le premier des meurtres retenus par la justice date de février de la même année. Plusieurs récits rapprochent les deux événements ; aucun lien de cause à effet n'est établi. Au début des années 1960, il s'installe à Duisbourg, où il est employé à l'entretien des sanitaires chez Mannesmann, puis préposé aux douches de l'aciérie August Thyssen. Ses collègues, selon « Akte NRW », ne le prenaient guère au sérieux et voyaient en lui un original taciturne. Le test d'intelligence passé après l'arrestation aurait donné un résultat nettement inférieur à la moyenne ; le chiffre repris par la plupart des récits n'est attribué à aucun examinateur nommé.
Ce qu'il a dit de lui-même
Les propos qui suivent sont ceux de l'auteur des faits ; ils sont à lire avec prudence, car ses déclarations ont varié. Interrogé par la police criminelle de Duisbourg, il s'est attribué une série de meurtres remontant à 1955 : il se serait souvenu de quatorze faits, avec une précision inégale, selon Ruhrbarone. Une partie de ces aveux aurait ensuite été retirée, d'après le site Serienkillers.de. La liste dressée par les enquêteurs rapporte ses mots, très pauvres : « Hab' se kaputt gemacht », à peu près « je l'ai détruite », cite « Akte NRW » ; Stephan Harbort en a tiré le titre de son livre. Il disait avoir été pris, avant les faits, d'un « komisches Kribbeln », une sensation étrange que mentionnent aussi les comptes rendus de l'ouvrage.
En détention provisoire, il se disait convaincu qu'on le laisserait bientôt rentrer chez lui, une fois pratiquée « eine Operation » qui le rendrait inoffensif, rapportent Ruhrbarone et la notice de Wikipédia en anglais. Aucune source ne fait état d'une telle intervention.
Lectures criminologiques
La justice a retenu huit meurtres et une tentative, commis entre 1955 et 1976 sur des femmes, des fillettes et un homme, certains accompagnés de violences sexuelles. Faute d'avoir pu lire le jugement, nous ne pouvons pas dire quel mobile le tribunal a retenu. Aucun mode opératoire commun n'avait été reconnu avant 1976 : ce sont ses aveux qui ont relié les dossiers.
L'étude de référence reste celle de Stephan Harbort, policier (Kriminalhauptkommissar) à Düsseldorf, « Ich musste sie kaputtmachen » : Anatomie eines Jahrhundert-Mörders (Droste, 2004 ; Ullstein, 2013), fondée, selon les comptes rendus de lecture, sur les procès-verbaux d'audition, les pièces du procès et des entretiens. Son éditeur la présente comme le « Psychogramm » d'un homme gouverné sa vie durant par ses pulsions : formule d'éditeur et lecture de policier, non conclusion médicale. Sur les limites des typologies criminologiques, voir notre article sur le profilage criminel.
Ce qu'on ne sait pas
Le jugement et les rapports des experts ne sont pas publiés : leurs conclusions ne sont connues que par le compte rendu du Spiegel, et l'on ignore pourquoi le tribunal n'a pas ordonné de placement en hôpital psychiatrique, que l'expert Witter disait soumis à des conditions particulières. Le nombre réel de victimes n'est pas établi : huit meurtres jugés, quatorze avoués selon les récits les plus repris, une douzaine ou une trentaine selon d'autres, et des aveux en partie retirés. Enfin, rien de ce qu'il a dit de ses mobiles n'a été confirmé par une expertise que nous ayons pu lire : les explications qui circulent viennent de ses seules déclarations.
Questions fréquentes
Combien de victimes a fait Joachim Kroll ?
Le tribunal régional de Duisbourg l'a reconnu coupable, le 8 avril 1982, de huit meurtres et d'une tentative de meurtre : ce sont ses victimes confirmées, trois femmes, quatre fillettes et un homme, tués entre 1955 et 1976. Après son arrestation, il s'était attribué quatorze meurtres selon les récits les plus repris, une douzaine ou jusqu'à une trentaine selon d'autres sources ; une partie de ces aveux a été retirée ou n'a pas pu être corroborée.
Comment Joachim Kroll a-t-il été arrêté ?
Début juillet 1976, une fillette de quatre ans a disparu dans le quartier de Laar, à Duisbourg, où il habitait. Un voisin a prévenu la police, qui a découvert dans son logement la preuve de la mort de l'enfant et l'a arrêté sur place. Aucune enquête n'avait jusque-là remonté jusqu'à lui : ce sont ses aveux qui ont permis de relier à son nom des affaires anciennes, dont la plus vieille remontait à 1955.
Quand est mort Joachim Kroll ?
Joachim Kroll est mort d'une crise cardiaque le 1er juillet 1991, à cinquante-huit ans, à la prison de Rheinbach, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où il purgeait sa peine de réclusion à perpétuité.
Des innocents ont-ils été soupçonnés à sa place ?
Oui. Pendant vingt ans, faute de lien entre les dossiers, la police a suivi d'autres pistes. Au moins un homme a été condamné pour un meurtre que Kroll a ensuite avoué ; sa détention aurait duré trois ans selon certaines sources, huit selon d'autres. Plusieurs récits rapportent aussi que d'autres hommes soupçonnés à tort ont mis fin à leurs jours ; ces points ne sont pas établis par une source judiciaire publiée.
Pour aller plus loin : documentaires, livres et podcasts
Sélection informative, sans lien affilié.
- Livre « Ich musste sie kaputtmachen » : Anatomie eines Jahrhundert-Mörders, Stephan Harbort (Droste (2004) ; réédition en poche chez Ullstein (2013), en allemand, 2004) — L'ouvrage de référence, écrit par un commissaire de la police criminelle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie spécialiste des homicides en série, à partir des procès-verbaux d'audition, des pièces du procès et des expertises. Le titre reprend une phrase de l'auteur des faits ; le livre comporte des passages éprouvants. Pas de traduction française connue. Lien non affilié.
- Livre Echt kriminell : Die spektakulären Fälle aus dem Ruhrgebiet, Wolfgang Berke et Jan Zweyer (Klartext Verlag, en allemand, 2012) — Recueil d'affaires criminelles de la Ruhr, dont un chapitre consacré à l'affaire Kroll. Lien non affilié.
- Podcast Der Gerichtsreporter, épisode 9 : Der Menschenfresser von Duisburg (WAZ (Westdeutsche Allgemeine Zeitung), en allemand, 2020) — Épisode de 35 minutes du podcast judiciaire du grand quotidien de la Ruhr, publié le 18 mai 2020. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
- Article Mord im Pott : Der Serienmörder von Duisburg (deux parties) (Radio 91.2, radio locale de Dortmund, en allemand, 2020) — Série régionale consacrée aux grandes affaires criminelles de la Ruhr ; la seconde partie porte sur la jeunesse de Kroll et la question du mobile. Lien non affilié.
- Documentaire World's Most Evil Killers, saison 1, épisode 5 : Joachim Kroll (Série documentaire britannique, en anglais, 2017) — Épisode de 60 minutes diffusé pour la première fois le 22 juin 2017. Le ton de la série est plus spectaculaire que celui du livre de Stephan Harbort. Disponibilité à vérifier. Lien non affilié.
Sources
- Der Menschenfresser von Duisburg (Thomas Meiser, 1er juillet 2016), Ruhrbarone
- Mord im Pott : Der Serienmörder von Duisburg, Teil 1 (31 janvier 2020), Radio 91.2
- Mord im Pott : Der Serienmörder von Duisburg, Teil 2 (28 février 2020), Radio 91.2
- Der Gerichtsreporter : Der Menschenfresser von Duisburg (épisode 9, 18 mai 2020), WAZ, via Apple Podcasts
- Joachim Kroll, Crime + Investigation (A+E Networks Germany)
- Joachim Kroll (fiche biographique), Dieter Wunderlich
- Kroll, Joachim, Serienkillers.de
- « Ich musste sie kaputtmachen » : Anatomie eines Jahrhundert-Mörders (Stephan Harbort, Droste, 2004), Goodreads (fiche de l'ouvrage)
- « Ich musste sie kaputtmachen » (réédition Ullstein, 2013, 384 pages), BücherTreff
- Stephan Harbort (présentation de l'auteur), Ullstein
- « Ich musste sie kaputt machen » : Anatomie eines Jahrhundertmörders (compte rendu, 8 août 2017), Danikas Blog
- Zwischen Kohle, Currywurst und Mord : Joachim Kroll (21 octobre 2023, bibliographie citée), Podigee
- World's Most Evil Killers, 1x05 : Joachim Kroll, TVmaze
- Joachim Kroll - Der Menschenfresser von Duisburg, True Crime Junkie
- Joachim Kroll, Wikipedia (de)
- Joachim Kroll, Wikipedia (en)
Corrections et mises à jour
- — Profil psychologique : expertises du procès complétées d'après le compte rendu du verdict publié par Der Spiegel (n° 16/1982), qui nomme les trois experts entendus.
- — Section « Profil psychologique » refondue en six rubriques, avec ses sources propres.
- — Date de l'arrestation : la mention « le 4 selon Ruhrbarone » est retirée, ce site datant du 4 juillet les premières déclarations aux enquêteurs et non l'arrestation. Taille de la fratrie donnée avec sa divergence (huit ou neuf enfants). Chiffre de quotient intellectuel retiré, aucune source ne nommant l'examinateur.
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