Royaume-UniNotice1896–1896Berkshire (Reading, Caversham)

Amelia Dyer

« La nourrice de Reading »

Avertissement. Cette notice traite de crimes réels. Elle ne contient aucune image ni description détaillée des sévices, mais son sujet peut heurter.

En bref. Amelia Dyer (1837-1896) : 1 victime confirmée (jusqu'à 400 suspectées) au Royaume-Uni (Berkshire (Reading, Caversham)) en 1896. Condamnée à mort par la Cour criminelle centrale (Old Bailey), à Londres, en 1896 pour le meurtre d'un nourrisson, le jury ayant écarté la défense d'aliénation ; pendue à la prison de Newgate le 10 juin 1896.

Statut
Exécuté (10 juin 1896)
Naissance
1837
Période d'activité
1896–1896
Victimes confirmées
1 (jusqu'à 400 suspectées)
Verdict
Condamnée à mort par la Cour criminelle centrale (Old Bailey), à Londres, en 1896 pour le meurtre d'un nourrisson, le jury ayant écarté la défense d'aliénation ; pendue à la prison de Newgate le 10 juin 1896

Nourrice rémunérée (« baby farmer ») qui prenait en charge, contre paiement, des enfants de mères isolées, elle a été confondue en 1896 après la découverte de corps de nourrissons dans la Tamise, à Reading. Jugée pour un seul meurtre, elle a été pendue à Londres ; le nombre total de ses victimes reste inconnu.

Le contexte

Amelia Dyer est née en 1837 près de Bristol, selon Wikipédia et Crime Museum ; le musée de la police de la vallée de la Tamise lui donne 57 ans à sa mort, ce qui situerait plutôt sa naissance en 1838 ou 1839. Elle exerce à partir de la fin des années 1860 l'activité de « baby farmer » : dans l'Angleterre victorienne, des mères isolées confiaient leur enfant né hors mariage à une nourrice contre une somme forfaitaire ou une pension. Le système, à peine encadré, se prêtait aux abus : le Parlement avait adopté dès 1872 une première loi sur la protection de la vie des nourrissons (Infant Life Protection Act). Amelia Dyer change souvent de domicile et de nom ; en 1895, elle s'installe à Caversham, près de Reading, dans le Berkshire.

L'enquête et l'arrestation

Le 30 mars 1896, un nourrisson est retrouvé mort dans la Tamise, à Reading. Un indice découvert sur place, une étiquette ferroviaire, porte un nom à demi effacé, « Mrs Thomas », l'un des pseudonymes d'Amelia Dyer. La police de Reading, dirigée par le chef constable George Tewsley, remonte jusqu'à elle ; elle est arrêtée début avril 1896. Selon le musée de la police de la vallée de la Tamise, les recherches menées en avril dans le fleuve permettent de retrouver six autres corps d'enfants. Une enquête du coroner se tient à Reading au début du mois de mai.

Le procès et le verdict

Amelia Dyer est jugée devant la Cour criminelle centrale, l'Old Bailey, à Londres, en 1896 — le 22 mai selon Wikipédia. Elle n'est poursuivie que pour un seul meurtre, celui d'un nourrisson. Elle reconnaît les faits mais sa défense plaide l'aliénation mentale ; le jury écarte cette thèse et la déclare coupable après quelques minutes de délibéré, moins de cinq selon Crime Museum. Condamnée à mort, elle est pendue à la prison de Newgate le 10 juin 1896.

Ce que l'affaire a changé

Le nombre réel de ses victimes reste inconnu. Le jugement ne porte que sur un meurtre ; le musée de la police évoque au moins douze meurtres, et les estimations courantes vont de 200 à 400 enfants, selon Wikipédia et Crime Museum, sans qu'aucun de ces chiffres ait été établi. Ces victimes suspectées restent hors du bilan judiciaire. Selon Wikipédia, l'affaire a pesé dans le durcissement de l'encadrement de la garde d'enfants : l'Infant Life Protection Act de 1897 a donné aux autorités locales le pouvoir de contrôler l'enregistrement des nourrices gardant plusieurs jeunes enfants, avant que le Children Act de 1908 n'interdise de confier un nourrisson à une nourrice inapte ou à un logement insalubre. Elle a aussi renforcé, selon la même source, la notoriété de la Société nationale pour la prévention de la cruauté envers les enfants (NSPCC), fondée en 1884. Une vingtaine d'années plus tôt, l'affaire Mary Ann Cotton, dans le comté de Durham, avait déjà montré combien des décès d'enfants pouvaient passer inaperçus dans l'Angleterre victorienne.

Sources

Pour se repérer

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